Boeing sera la première société privée à emmener des astronautes à l’ISS

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Le premier vol d'essai non-habité vers l'ISS de la capsule CST-100 de Boeing était programmé pour avril 2017, suivi en juillet d'une mission avec deux passagers (Nasa)
Le premier vol d’essai non-habité vers l’ISS de la capsule CST-100 de Boeing était programmé pour avril 2017, suivi en juillet d’une mission avec deux passagers (Nasa)

Boeing sera la première société privée à acheminer des astronautes à la Station spatiale internationale (ISS) en juillet 2017 dans le cadre d’un contrat commercial avec la Nasa, a indiqué lundi une responsable de l’agence spatiale américaine.

La Nasa a retenu en septembre 2014 Boeing et SpaceX pour construire les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers l’ISS et ainsi mettre fin à la dépendance américaine vis à vis des Soyouz russes.

La première mission (commerciale) habitée vers l’ISS sera une mission Boeing, a précisé Kathy Lueders, qui dirige le programme de vols habités commerciaux de la Nasa, lors d’une conférence de presse.

Celle-ci a cité des différence dans l’avancement des programmes des deux sociétés et la nécessité de commencer ces missions fin 2017 ou début 2018.

Le contrat de 6,8 milliards de dollars conclu par la Nasa (4,2 milliards pour Boeing et 2,6 milliards pour SpaceX) couvre au total six missions de transport d’astronautes vers l’ISS pour chacune des deux compagnies, précédées deux vols d’essai, dont un habité.

« Boeing a déjà passé deux étapes clés dans son contrat tandis que SpaceX en a accompli une », a-t-elle dit, précisant que le coût moyen du siège pour la Nasa reviendrait à 58 millions de dollars sur la durée du contrat. Actuellement la Nasa paye plus de 70 millions de dollars le siège dans le vaisseau Soyouz pour transporter les astronautes américains à l’ISS.

John Elbon, responsable de Boeing Space Exploration, filiale des activités spatiales du groupe aérospatial américain, a indiqué lundi lors de la même conférence de presse que le premier vol d’essai non-habité de la capsule CST-100 était programmé pour avril 2017, suivi en juillet d’une mission avec deux passagers.

Vaisseaux sept places

Ce vol d’essai emmènera un pilote d’essai de Boeing et un astronaute de la Nasa.

Le premier vol dans le cadre du contrat avec la Nasa avec des astronautes à bord devrait avoir lieu en décembre 2017, a-t-il ajouté.

De son côté, SpaceX prévoit d’effectuer le premier vol non-habité de son vaisseau Dragon V2 vers la fin 2016, suivi peu après d’un vol habité au début 2017, a dit Gwynne Shotwell, directrice générale de la firme créée et dirigée par le milliardaire Elon Musk.

Elle a aussi souligné lors de cette même conférence de presse que la fusée Falcon 9, le lanceur de SpaceX, aura effectué plus de 50 vols avant de lancer la capsule habitée Dragon V2.

En mettant fin au programme des navettes spatiales en 2011, la Nasa a fait le choix de confier l’accès à l’orbite terrestre basse, où évolue l’ISS, à l’industrie privée. Cela permet à l’Agence spatiale américaine de pouvoir mieux se concentrer sur les vols dans l’espace lointain, notamment vers Mars.

Nous avons décidé en toute connaissance de cause que si nous voulions explorer l’espace lointain nous devions laisser les choses que nous sommes sûrs de bien maîtriser au secteur privé, a rappelé le patron de la Nasa, Charles Bolden.

Celui-ci s’est aussi réjoui à la perspective ne mettre fin à la dépendance coûteuse des Etats-Unis vis à vis de la Russie pour accéder à l’ISS.

Je ne veux plus jamais devoir faire un autre chèque à Roscosmos (l’agence spatiale russe) après 2017, enfin je l’espère, a-t-il martelé.

Boeing, fort d’une longue expérience dans le secteur spatial et maître d’oeuvre de l’ISS, a promis de construire le CST-100, d’une capacité de sept places, dans les anciens locaux modernisés du Centre Spatial Kennedy, où étaient assemblées les navettes spatiales. Cette activité devrait créer 550 emplois, pour la plupart locaux.

Le CST-100, réutilisable dix fois, sera lancé avec sa fusée Atlas V depuis la base aérienne de Cap Canaveral. Quant à SpaceX, sa capsule Dragon V2, qui compte également sept places, est dérivée de la capsule Dragon qui a déjà effectué six vols parfaitement réussis vers l’ISS pour livrer du fret et ramener des charges sur Terre. Elle sera lancée par sa fusée Falcon 9, également de Cap Canaveral.