Boston: le procès de Djokhar Tsarnaev s’ouvre dans une ville aux souvenirs encore à vif

Le procès de Dzhokhar Tsarnaev doit débuter le 5 janvier. Il fait face à plusieurs chefs d'accusation et pourrait être condamné à la peine capitale s'il est reconnu coupable.
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Le procès de Dzhokhar Tsarnaev doit débuter le 5 janvier. Il fait face à plusieurs chefs d'accusation et pourrait être condamné à la peine capitale s'il est reconnu coupable.
Le procès de Dzhokhar Tsarnaev débute le 5 janvier 2014 par la sélection des jurés. Il fait face à plusieurs chefs d’accusation et pourrait être condamné à la peine capitale s’il est reconnu coupable.

Le procès de Djokhar Tsarnaev, 21 ans, s’est ouvert ce lundi 5 janvier par la sélection des jurés, dans une ville où les souvenirs sont encore à vif, 18 mois après le traumatisme des attentats qui avaient fait trois morts, dont un enfant, et 264 blessés.

Le jeune américain d’origine tchétchène est passible de la peine de mort. Il a plaidé non coupable pour les trente chefs d’inculpation retenus contre lui.

Djokhar Tsarnaev est accusé d’avoir fait exploser les deux engins explosifs artisanaux qui ont semé la terreur le 15 avril 2013 à l’arrivée du marathon de Boston, dans le Massachusetts. Il avait été arrêté quatre jours plus tard. Ces attentats sont les plus graves depuis ceux du 11-septembre aux États-Unis.

Selon l’accusation, il est également responsable avec son frère aîné Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, tué dans une fusillade avec les forces de sécurité, de la mort d’un policier lors de la traque lancée pour les retrouver.

Djokhar Tsarnaev était donc présent aujourd’hui au tribunal fédéral, face à un premier groupe de 200 à 250 jurés potentiels auxquels le juge George O’Toole a très brièvement mentionné les charges retenues contre l’accusé, et le fait qu’il risquait la peine de mort.

Les jurés devaient ensuite remplir un questionnaire, pour commencer le processus de sélection de plusieurs semaines, qui conduira à un jury de 12 personnes et six suppléants. Un deuxième groupe doit passer cet après-midi.

Le juge O’Toole, ce matin, a insisté pour bien faire comprendre aux jurés potentiels que, s’ils peuvent discuter avec leurs amis et leur famille de la possibilité qu’ils soit membre du jury, ils ne doivent absolument pas discuter du cas lui-même. Le juge a également ordonné aux jurés de ne pas lire les médias et de ne pas aller sur les réseaux sociaux.

La semaine dernière, le juge avait rejeté une demande pour reporter le procès. Le juge fédéral avait également refusé de changer le lieu du procès, comme l’avaient aussi demandé les avocats de Djokhar Tsarnaev, qui risque la peine de mort.

Les frères Tsarnaev, des musulmans qui avaient émigré aux États-Unis avec leur famille au début des années 2000, vivaient à Cambridge, près de Boston. Selon le parquet, Djokhar Tsarnaev a écrit avant son arrestation des messages qui ne laissent aucun doute sur le caractère politique de son acte. Un de ces messages disait «le gouvernement américain tue les nôtres, des civils innocents», un autre «je ne peux pas supporter de voir tout ce mal demeurer impuni».

Les avocats de Tsarnaev ont vainement demandé que le procès, qui devrait durer entre trois et cinq mois, soit organisé ailleurs qu’à Boston, disant douter de l’impartialité des jurés locaux. Ils devraient fonder leur défense sur le fait que leur client aurait agi avant tout sous l’influence de son frère aîné.

Les attentats de Boston avaient fait trois morts dont un enfant de 8 ans et 264 blessés le 15 avril 2013, lorsque deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d’arrivée du marathon, transformant en chaos une immense fête populaire. Des dizaines de milliers de personnes étaient massées sur le parcours de la course en centre-ville.