Le Canada critique avec force la nomination du vieil autocrate Mugabe à la tête de l’Union africaine

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Robert Mugabe dirige le Zimbabwe d'une main de fer depuis qu'il l'a conduit à l'indépendance en 1980 (Patrick Domingo/AFP)
Robert Mugabe dirige le Zimbabwe d’une main de fer depuis qu’il l’a conduit à l’indépendance en 1980 (Patrick Domingo/AFP)

Le Canada critique vigoureusement l’Union africaine (UA) pour avoir désigné vendredi le vieil autocrate et controversé président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à sa tête, rapporte la Presse Canadienne.

Mugabe est accusé par ses adversaires de s’être maintenu à la tête de l’État par l’intimidation et la violence contre ses opposants et des scrutins frauduleux.

Selon plusieurs observateurs, la désignation à la tête de l’UA du vieil autocrate de bientôt 91 ans, au pouvoir depuis l’indépendance de son pays en 1980, est un mauvais signal envoyé par l’organisation sur les valeurs de démocratie et de gouvernance qu’elle prétend défendre, selon des observateurs.

Le Canada s’est joint au concert des critiques de cette nomination.

Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères John Baird a affirmé que la nomination d’un «dictateur brutal» aux commandes de l’organisation rassemblant 54 pays était extrêmement décevante.

Rick Roth, porte-parole du chef de la diplomatie canadienne, a déclaré que cette nouvelle venait ternir tous les efforts déployés par l’UA dans les dernières années.

Il a toutefois assuré que le Canada maintiendrait son engagement «indéfectible» envers l’Afrique, mais encouragé les pays africains à rejeter l’attitude «corrompue» de Robert Mugabe.

En 2006, l’Union africaine a décidé de créer un Comité « pour considérer la mise en place d’un système de rotation entre les régions » en relation avec la présidence et on en est arrivé à ce que, traditionnellement, la présidence de l’Union africaine soit décernée au dirigeant du pays qui tiendra le prochain sommet.

Une exception notable, le Soudan, qui avait annoncé sa candidature pour la présidence de l’Union en 2006 en tant que représentant de la région est-africaine. Plusieurs États membres refusèrent de soutenir le Soudan et le président controversé Omar al-Bashir avait dû passe son tour en raison des violences au Darfour.

Mais Mugabe n’est pas seulement le « mauvais homme » au bon endroit au bon moment.

Malgré la situation désastreuse du Zimbawe et même s’il est honni en Europe ou aux États-Unis, Mugabe est resté étonnamment un héros pour beucoup d’Africains, en partie grâce à ses tirades anti-impérialistes et sa façon de vilipender l’Occident.

« Durant mon mandat à la présidence, je tenterai de susciter notre réflexion sur des enjeux tels que l’infrastructure, la création de la richesse, l’agriculture et les changements climatiques », a d’ailleurs affirmé Robert Mugabe, devant les dirigeants de l’Afrique.

Robert Mugabe dirige le Zimbabwe d’une main de fer depuis 1980 et il fait l’objet de plusieurs accusations de violation de droits de la personne. Son pays est aux prises avec des problèmes économiques importants, en raison notamment de l’abandon de la devise américaine, en 2009.