Le ministre Baird évitera les « lieux sensibles » lors de sa visite en Israël et en Cisjordanie

Le ministre des Affaires étrangères John Baird, lors de sa visite en Israël en 2012, avait rendu hommage aux victimes de l’Holocauste lors de la cérémonie d’ouverture de la nouvelle aile des séminaires internationaux du Musée de l’Holocauste Yad Vashem (Archives/MAECD)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le ministre des Affaires étrangères John Baird, lors de sa visite en Israël en 2012, avait rendu hommage aux victimes de l’Holocauste lors de la cérémonie d’ouverture de la nouvelle aile des séminaires internationaux du Musée de l’Holocauste Yad Vashem (Archives/MAECD)
Le ministre des Affaires étrangères John Baird, lors de sa visite en Israël en 2012, avait rendu hommage aux victimes de l’Holocauste lors de la cérémonie d’ouverture de la nouvelle aile des séminaires internationaux du Musée de l’Holocauste Yad Vashem (Archives/MAECD)

Pas question cette fois de se mettre les pieds dans les plats ou de susciter la controverse.Le ministre des Affaires étrangères John Baird qui se rendra pour une visite de quatre jours en Israël et en Cisjordanie rencontrer de hauts représentants gouvernementaux à Tel-Aviv, à Jérusalem et à Ramallah, évitera certains lieux religieux parmi les plus sensibles dans les relations entre juifs et musulmans.

Selon son itinéraire préliminaire, John Baird envisageait de se rendre au dôme du Rocher, à Jérusalem et, possiblement, à la mosquée al-Aqsa. Les deux lieux de culte sont situés sur un site revendiqué tant par les juifs que les musulmans, mais il a finalement été décidé de les éviter.

Les juifs l’appellent le mont du Temple, tandis que les musulmans parlent de l’esplanade des Mosquées.

C’est la visite le 28 septembre 2000 du chef du Likoud de l’époque Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquée qui avait déclenché la seconde intifada qui a duré deux ans.

Encore plus violente que la première intifada de 1987-88, caractérisée par des jet de pierres contre les forces israéliennes, la seconde intifada avait été marquée par l’utilisation des armes à feu et par les attentats suicide contre des civils israéliens ;

L’endroit a été depuis le théâtre de plusieurs affrontements entre des manifestants palestiniens et les policiers israéliens. En octobre dernier, un policier y a abattu un Palestinien soupçonné d’avoir essayé de tuer un militant juif réclamant un meilleur accès au site.

Lors de son voyage en Israël il y a un an, où il avait reçu un accueil princier du premier ministre Netanyahu, le premier ministre Stephen Harper avait dû tout de même annuler une visite au dôme du Rocher pour des raisons de sécurité, et, en 2013, le passage du chef de la diplomatie canadienne à Jérusalem-Est, un territoire contesté par la Palestine et les Nations unies, avait fait des vagues et suscité la controverse.

Le partenariat stratégique Canada-Israël

Cette visite, qui survient un an après le séjour historique du premier ministre Harper en Israël, représente une occasion de réaffirmer l’engagement mutuel qu’ont pris le Canada et Israël à l’égard de leur Partenariat stratégique, souligne par ailleurs le communiqué des Affaires étrangères canadiennes qui annonce ce voyage.

«Le Canada accorde une grande valeur aux liens étroits qu’il entretient avec Israël et il se réjouit à l’idée de renforcer davantage ce partenariat au regard de la sécurité, de la diplomatie et du commerce, a déclaré le ministre Baird. L’amitié entre nos deux pays prend appui sur des valeurs communes, et nous nourrissons de grandes ambitions quant à ce que nous pourrons accomplir ensemble.»

En Israël, le ministre Baird rencontrera des personnalités du monde politique, notamment le président Reuven Rivlin, le premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, ainsi que l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.

Au cours de son passage en Cisjordanie, le ministre Baird rencontrera aussi le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riad Malki ainsi que d’autres Palestiniens de premier plan, dont l’ancien premier ministre Salam Fayyad et des dirigeants d’entreprises.

Première rencontre depuis le rejet de la résolution palestinienne à l’ONU

Ce sera la première rencontre de M. Baird avec les autorités palestiniennes depuis que le Conseil de sécurité des Nations unies a bloqué une motion palestinienne réclamant l’établissement d’ici trois ans d’un État palestinien sur les Territoires palestiniens occupés par Israël.

La demande d’adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale a toutefois été acceptée, ce qui permettra éventuellement aux Palestiniens d’intenter des poursuites pour crimes de guerre contre Israël, et le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé ce vendredi 16 janvier l’ouverture d’un examen préliminaire sur des crimes de guerre présumés commis en Palestine depuis l’été 2014, y compris pendant l’offensive israélienne contre la bande de Gaza.

Le Canada, lui, estime que l’adhésion de la Palestine à la CPI est un développement inquiétant et dangereux etcontinue de prôner la négociation comme seule voie pour parvenir à la paix.

«Le Canada croit fermement que la négociation, par Israël et l’Autorité palestinienne, de la solution à deux États constitue la seule option viable pour assurer une paix durable, a déclaré le ministre Baird. Il est important de créer un contexte qui permette au secteur privé de développer des secteurs clés de l’économique et de générer des emplois durables sur lesquels se fondera la croissance économique.»