Les belligérants sud-soudanais signent un accord de réconciliation en Tanzanie

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir (g) et Riek Machar, son ancien vice-président ayant pris le maquis, le 9 mai 2014 à Addis Abeba (Zacharias Abubeker/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Le président du Soudan du Sud Salva Kiir (g) et Riek Machar, son ancien vice-président ayant pris le maquis, le 9 mai 2014 à Addis Abeba (Zacharias Abubeker/AFP)
Le président du Soudan du Sud Salva Kiir (g) et Riek Machar, son ancien vice-président ayant pris le maquis, le 9 mai 2014 à Addis Abeba (Archives/Zacharias Abubeker/AFP)

Les belligérants sud-soudanais ont signé mercredi à Arusha, dans le nord tanzanien, un accord de réconciliation au sein du parti au pouvoir, où les tensions ont abouti au conflit qui ravage la plus jeune nation du monde depuis plus d’un an.

Le président Salva Kiir et son ancien vice-président et rival Riek Machar ont signé un accord destiné à réconcilier les factions rivales au sein du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), au pouvoir depuis l’indépendance en juillet 2011 du Soudan du Sud.

A l’issue de la séance de signature, le ministre des Affaires étrangères tanzanien a offert ses félicitations aux dirigeants du SPLM pour avoir trouvé un accord de réunification de leur parti pour le bien du Soudan du Sud.

Les détails de l’accord de réconciliation n’ont pas été rendus publics.

Pendant ce temps, sur le terrain, les combats continuent. Cinq précédents accords de cessez-le-feu sont restés lettre morte.

Nous essayons d’entamer la fin du conflit armé, avait déclaré avant la signature le porte-parole du gouvernement ougandais, Ofwono Opondo.

La rencontre était présidée par le chef de l’État tanzanien Jakaya Kikwete.

Étaient aussi présents les présidents kényan Uhuru Kenyatta et ougandais Yoweri Museveni, dont les pays ont d’importants intérêts économiques au Soudan du Sud et qui sont engagés depuis plus de 12 mois dans un laborieux processus de médiation. L’Ouganda a aussi déployé des troupes en soutien à Salva Kiir.

La guerre civile a éclaté en décembre 2013 au Soudan du Sud sur fond de rivalité au sein du SPLM. Elle oppose les forces gouvernementales loyales à Salva Kiir à des troupes fidèles à Riek Machar, accusé par son rival d’avoir fomenté un coup d’Etat.

Partis de la capitale Juba, les affrontements se sont très vite étendus à plusieurs autres régions du pays et ont dégénéré en massacres inter-ethniques. Aucun bilan officiel n’est disponible, mais les observateurs parlent de dizaines de milliers de morts.

La dernière rencontre entre MM. Kiir et Machar remonte à novembre. Les deux hommes, alors réunis dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, s’étaient mis d’accord pour un énième cessez-le-feu, violé comme les précédents en quelques heures.

Les pourparlers à Arusha se déroulent en parallèle à ceux menés à Addis sous l’égide de l’organisation intergouvernementale est-africaine Igad, qui doivent eux reprendre fin janvier en marge du prochain sommet de l’Union africaine.

Cette semaine, le porte-parole de l’armée sud-soudanaise, Philip Aguer, a affirmé que les troupes gouvernementales et les rebelles s’étaient violemment affrontés dans l’Etat des Lacs (centre). Il a aussi accusé les hommes de Riek Machar d’avoir saboté un puits de pétrole dans celui d’Unité (nord).

« Les forces de Machar sèment la destruction (…) brûlant des villages, détruisant des puits de pétrole », a-t-il dit.