Liban: neuf morts lors d’un attentat dans un quartier alaouite de Tripoli

Des militaires libanais patrouillent dans une rue de Tripoli, dans le nord du pays, le 25 octobre 2014 (Ibrahim Chalhoub/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des militaires libanais patrouillent dans une rue de Tripoli, dans le nord du pays, le 25 octobre 2014 (Ibrahim Chalhoub/AFP)
Des militaires libanais patrouillent dans une rue de Tripoli, dans le nord du pays, le 25 octobre 2014 (Ibrahim Chalhoub/AFP)

Un attentat perpétré samedi soir dans le quartier à majorité alaouite de Jabal Mohsen à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, a fait neuf morts.

Une explosion a eu lieu près d’un café dans le secteur de Jabal Mohsen.

«Neuf personnes ont été tuées et 37 blessées dans une attaque perpétrée dans le quartier de Jabal Mohsen», a indiqué le ministère de la Santé dans le bilan le plus récent.

Sur son site internet, l’armée libanaise confirme la version de l’attentat-suicide. L’Agence nationale d’information (ANI) a pour sa part indiqué qu’il s’agissait de deux attentats suicide.

Le groupe État islamique a revendiqué l’attaque sur les réseaux sociaux, tout comme le Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaïda en Syrie) qui a indiqué qu’«un café du parti national démocrate nussairi» (en référence au Parti arabe démocratique, alaouite de Ali Eid) à Jabal Mohsen a été visé par une double attaque suicide en vengeance pour les sunnites de Syrie et du Liban».

Pour preuve de la gravité de la situation, le gouverneur du Liban-Nord a décrété un couvre-feu jusqu’à dimanche matin, dans le quartier Jabal Mohsen, le quartier à majorité alaouite de Tripoli, et dans les quartiers environnants. Une mesure sans précédent au Liban même au plus fort de la vague d’attentats-suicides qui a frappé le pays de juillet 2013 à février 2014.

Tripoli est ces dernières années régulièrement le théâtre de heurts meurtriers entre sunnites du quartier de Bab el-Tebbaneh, partisans de la rébellion syrienne, et alaouites de Jabal Mohsen soutenant le régime de Bachar al-Assad.

Depuis octobre, l’armée libanaise s’est déployée en force à Tripoli, arrêtant des centaines de personnes pour tenter de faire cesser les violences.

Le Liban, qui a été sous la tutelle syrienne pendant une trentaine d’années, est profondément divisé entre alaouites et chiites du Hezbollah partisans du président syrien Bachar al-Assad et sunnites qui penchent du côté de l’opposition.