L’incendie d’Al-Sedra éteint, le Niger prône une intervention internationale pour sauver la Libye du chaos

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Sept des dix-neuf réservoirs d'Al-Sedra ont été détruits par le feu (Angelos Tzortzinis/AFP)
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Sept des dix-neuf réservoirs d'Al-Sedra ont été détruits par le feu (Angelos Tzortzinis/AFP)
Sept des dix-neuf réservoirs d’Al-Sedra ont été détruits par le feu (Angelos Tzortzinis/AFP)

L’incendie du terminal pétrolier libyen d’Al-Sedra a été éteint, a annoncé un responsable vendredi, neuf jours après son déclenchement, mais la Libye est toujours plongée dans la tourmente et le président du Niger, Mahamadou Issoufou, réclame une intervention internationale pour sortir le pays du chaos.

Un premier réservoir avait pris feu le 25 décembre lorsqu’une roquette tirée par des miliciens de la coalition Fajr Libya (Aube de la Libye) s’est abattue sur Al-Sedra, un des trois terminaux constituant la région du Croissant pétrolier, dans l’est du pays.

Le feu s’était ensuite propagé à six autres des 19 réservoirs du terminal, qui dispose d’une capacité totale de stockage de 6,2 millions de barils.

L’incendie a été éteint dans les sept réservoirs, après avoir été hors de contrôle pendant neuf jours, a affirmé Ali al-Hassi, porte-parole régional pour les gardes de ces sites pétroliers, cité par l’AFP.

Selon des experts, la production pétrolière libyenne est tombée, depuis le 13 décembre et le début des violences dans la zone du croissant pétrolier, à moins de 350.000 barils par jours, contre 800.000 auparavant.

Fajr Libya, une coalition formée notamment de milices islamistes qui s’est emparée de la capitale, Tripoli, et de la deuxième ville du pays, Benghazi, essaie depuis la mi-décembre de mettre la main sur les terminaux d’Al-Sedra et Ras Lanouf.

Elle a lancé plusieurs attaques depuis la ville de Ben Jawad, à l’est d’Al-Sedra. L’armée libyenne se préparerait à lancer un assaut pour nettoyer la ville des groupes armés qui l’utilisent comme base pour lancer des attaques contre les installations pétrolières.

Vers une intervention internationale

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de guerre civile en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements — l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par la communauté internationale — qui se disputent le pouvoir.

«Une issue n’est pas possible sans intervention internationale en Libye. Elle est indispensable à la réconciliation de tous les Libyens, y compris kadhafistes», estime le président nigérien Niger Mahamadou Issoufou, qui souhaite une résolution des Nations unies en ce sens.

«C’est également une condition préalable pour qu’on mette en place une transition», a-t-il précisé après un entretien avec le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian, en tournée dans la région.

«Je ne vois pas comment les milices terroristes qui sont armées vont créer les conditions de la réconciliation entre les Libyens», a souligné le président nigérien.

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a exprimé elle aussi ses craintes pour sa part que l’escalade de la violence plonge carrément le pays dans une « guerre totale ».

Le Groupe des Cinq du Sahel (G5 Sahel) – créé en février Tchad, Mali, Mauritanie, Burkina Faso et Niger- avaient réclamé mi-décembre une intervention internationale «pour neutraliser les groupes armés».

Attention à l’État islamique

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, avait aussi exprimé en outre pour sa part la crainte que la Libye ne serve de tête de pont vers l’Afrique au groupe djihadiste ultra-radical.

Le pays, inondé d’armes, écartelée entre deux gouvernements et parlements rivaux et otage de milices puissantes, pourrait bien être, comme la Syrie et l’Irak avant elle, un terrain de jeu rêvé pour un groupe comme l’État islamique qui n’a pas caché son intention d’étendre son emprise.