L’Opération NANOOK sous haute-surveillance des espions canadiens

Des Rangers canadiens de Gjoa Haven (Nunavut) et des membres des Forces armées canadiennes patrouillent dans les eaux tandis qu’ils retournent au camp de base, le 21 août 2013, dans le cadre de l’opération Nanook 13. (Photo: Sergent Alain Martineau/DAPAir)
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Vue du camp temporaire en construction à Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest, le 25 juillet 2012, en préparation pour Opération Nanook 2012. (Photo: Capitaine William Cameron, Officier de liaison pour les Territoires du Nord-Ouest, Force opérationnelle interarmées Nord)
Vue du camp temporaire en construction à Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest, pour l’Opération Nanook, le 25 juillet 2012. (Capitaine William Cameron/Force opérationnelle interarmées Nord)

Volonté du Premier ministre Stephen Harper, les Forces armées canadiennes tiennent chaque année depuis 2007 un exercice de souveraineté du territoire arctique canadien, l’Opération NANOOK.

De 650 soldats, garde-côtiers et gendarmes en 2007, l’opération a grossi pour désormais accueillir chaque année près de 900 à 1.000 personnels.

Sur mer, dans les airs ou sur terre, l’Opération NANOOK constitue l’engagement annuel des Forces armées canadiennes dans l’Arctique. L’opération comprend généralement des exercices ayant recours à des scénarios dans lesquels les Forces armées canadiennes entrent en partenariat avec d’autres ministères et organismes gouvernementaux canadiens, ainsi qu’avec des forces armées alliées, pour préparer des réponses pangouvernementales aux enjeux touchant la sécurité et l’environnement.

Dans une série de documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la loi sur l’accès à l’information, le service de contre-ingérence des Forces canadiennes a reçu l’ordre, tant «avant qu’après» les exercices, de «détecter, identifier et réduire les menaces d’espionnage, de terrorisme, de sabotage et de bouleversements» contre l’armée, son personnel, son équipement et ses infrastructures.

Le groupe a reçu l’ordre de se concentrer sur les «menaces directes» à l’intérieur du «secteur des opérations», ce qui inclurait quelques centaines de soldats et une poignée de vaisseaux de guerre déployés dans le Grand Nord.

Un porte-parole du Commandement du renseignement des Forces canadiennes a déclaré que l’équipe avait été déployée chaque année depuis 2008.

Le capitaine Travis Smyth a indiqué que la branche militaire du renseignement à la responsabilité légale de protéger les Forces. L’Opération NANOOK, même si elle est à l’intérieur des frontières du pays, est «très visible et le potentiel de menaces à la sécurité existent». Il ne peut cependant préciser de quelles menaces potentielles dans la région les Forces peuvent faire face, puisqu’il s’agit de «question de sécurité opérationnelle».

Plusieurs experts trouvent cependant curieux ces mesures, puisqu’elles relèvent habituellement du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ou de la Gendarmerie royale du Canada.

De plus, depuis des années, les hauts gradés de la Défense nationale, insistent pour dire que le Canada ne fait face à aucune menace militaire significative dans l’Arctique.

Selon le chercheur spécialisé sur les questions de l’Arctique, Joël Plouffe, le Canada a par le passé qualifié certains groupes écologistes de «terroristes». Mais il ne voit pas de menaces d’espionnage connues dans la région surtout qu’il s’ agit d’une opération très médiatisée, en présence d’alliés et d’observateurs.

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