Mali: sept Casques bleus sénégalais blessés par un engin explosif dans le Nord

Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)
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Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)
Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)

Sept soldats sénégalais de la mission de l’ONU au Mali (Minusma) ont été blessés vendredi lorsque leur véhicule a sauté sur un engin explosif à Kidal, dans l’extrême nord-est du pays, a annoncé la Minusma, dénonçant une attaque terroriste contre ses forces.

Ce (vendredi) matin, vers 9H30 (locales et GMT), un engin explosif ou une mine a explosé lors du passage d’un véhicule transportant des troupes du contingent sénégalais de la Minusma aux environs de la piste de l’aéroport de Kidal. « L’attaque a fait sept blessés », affirme la Minusma dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar, précisant que quatre ont des blessures légères et que les trois autres souffrent de fractures.

« La zone où l’explosion a eu lieu a été immédiatement sécurisée et une investigation par des experts de la Minusma sur la nature de l’explosif utilisé est en cours », ajoute-t-elle.

Elle condamne avec vigueur cette ignoble attaque terroriste sur les Casques bleus et réitère son appel pour que les responsables de ces crimes soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice.

Elle demande par ailleurs aux acteurs présents sur le terrain impliqués dans le processus de paix en cours de se conformer à l’engagement qu’ils ont pris en septembre 2014 à Alger de prévenir les attaques sur les Casques bleus, en référence aux groupes armés présents dans le nord du Mali participant avec Bamako à des discussions de paix lancées en juillet 2014 en Algérie.

Le Mali a fait face ces derniers mois à une forte recrudescence d’attaques contre les forces maliennes et internationales dans le pays, mais également contre les civils.

Les violences, qui étaient généralement localisées dans les trois régions administratives formant le Nord, ont également été enregistrées cette semaine dans des localités de la région de Ségou (centre).

Des djihadistes ont attaqué le 5 janvier un camp de l’armée dans la localité de Nampala, proche de la frontière mauritanienne, où au moins onze soldats ont été tués, selon des autorités locales et des sources militaires.

Quelques heures plus tard, l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar avait cité des sources au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendiquant l’opération.

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, des islamistes supposés être les mêmes que les assaillants de Nampala, avait pris pour cible la mairie de Djoura (également orthographiée Dioura), à environ 60 km de Nampala, qui a été incendié. Dans leur repli en direction de la Mauritanie, ils ont tué un civil, d’après des sources municipales et militaires.

Le nord du Mali est tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, dont Aqmi, qui en ont été chassés en grande partie par l’opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France à travers Serval.

Des islamistes restent cependant actifs dans ces zones, où opèrent également diverses bandes armées qui se sont également affrontées entre elles dernièrement.

Serval a cédé la place en août 2014 à Barkhane, dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.

La mission de l’ONU au Mali, qui a pris en juillet 2013 le relais d’une force panafricaine pour contribuer à la stabilisation du pays, a perdu ces derniers mois plusieurs Casques bleus dans les attaques.

Selon le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon sur la situation au Mali, daté du 23 décembre, la Minusma comptait au 1er décembre près de 9.600 militaires et policiers (8.543 militaires et 1.019 policiers) sur le terrain, soit 74% de ses effectifs autorisés.

A la même date, le contingent du Tchad était en tête avec 1.094 militaires et soldats devant ceux du Togo (1.079), du Bangladesh (1.069), du Burkina Faso (875), du Niger (861) et du Sénégal (764), d’après le document.