Nigeria: Boko Haram enlève 40 jeunes le soir du Nouvel An dans l’État de Borno

Photo tirée d'une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (AFP)
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Photo tirée d'une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (AFP)
Photo tirée d’une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (Archives/AFP)

Quarante jeunes hommes ont été enlevés à Malari, dans le nord-est au Nigeria, le soir du Nouvel an par des membres présumés du groupe armé islamiste Boko Haram pour en faire des combattants, selon des habitants de l’Etat de Borno, apprend on aujourd’hui seulement en raison de l’éloignement de cette région, théâtre d’attaques incessantes, mais où la destruction des antennes et poteaux téléphoniques par les insurgés islamistes rend les communications très difficiles.

Le village de Malari est situé à vingt kilomètres de la forêt de Sambisa, près de la ville de Gwoza, qui avait était investie en juin dernier par Boko Haram, et intégrée au « califat » que le groupe islamiste a déclaré avoir instauré dans le nord-est du Nigeria.

La nouvelle de cet enlèvement n’a été connue que dans la nuit de vendredi, quand des habitants ont réussi à atteindre Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.

Des dizaines d’insurgés ont mené un raid contre le village de Malari, à 20 kilomètres de la forêt de Sambisa, réputée comme une des caches principales de Boko Haram. Quarante garçons et jeunes hommes âgés de 10 à 23 ans ont été enlevés et emmenés dans la forêt, selon les habitants du village qui ont pris la fuite, rapporte donc aujourd’hui l’AFP.

« Ils sont arrivés armés à bord de pick-up et ont rassemblé tous les hommes devant la maison du chef du village. Ils nous ont tenu des discours religieux avant de choisir 40 de nos garçons et de les emmener », a déclaré un des habitants du village, Bulama Muhammad, cité par l’agence française.

« Mes deux fils et trois de mes neveux sont parmi les garçons enlevés par les combattants de Boko Haram, et nous pensons qu’ils vont les utiliser comme soldats », a expliqué Bulama Muhammad.

« Quand nous avons appris l’enlèvement des 40 garçons de Malari, nous avons décidé de fuir, parce que nous risquions d’être leur prochaine cible », a déclaré pour sa part Alaramma Babagoni, du village voisin de Mulgwi.

Boko Haram détient toujours plus de 200 jeunes filles kidnappées en avril dans leur lycée de Chibok, dans l’État de Borno, et le groupe islamiste continue d’enlever régulièrement des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes, qui sont réduits en esclavage ou sont obligés à combattre pour le groupe.

*Avec AFP