Ukraine: réunion diplomatique à Berlin pour sauver le processus de paix

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk à Berlin en compagnie d'Angela Merkel, le jeudi 8 janvier 2015 (John MacDougall/AFP)
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Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk à Berlin en compagnie d'Angela Merkel, le jeudi 8 janvier 2015 (John MacDougall/AFP)
Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk à Berlin en compagnie d’Angela Merkel, le jeudi 8 janvier 2015 (Archives/John MacDougall/AFP)

Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français se sont réunis lundi soir à Berlin pour discuter de l’opportunité d’un sommet pour l’Ukraine, annoncé pour le 15 janvier au Kazakhstan, sur fond de regain des violences dans l’Est séparatiste prorusse.

Ce sommet à quatre (Ukraine et Russie sous l’égide de l’Allemagne et de la France), annoncé fin décembre par le président ukrainien Petro Porochenko pour le 15 janvier à Astana, la capitale du Kazakhstan, reste hypothétique.

Le président russe Vladimir Poutine « attend les résultats de la rencontre de Berlin » pour décider de sa participation, a affirmé lundi son porte-parole Dmitri Peskov, en estimant que « tout dépendra de l’efficacité des négociations et de la volonté des participants ».

« Je ne sais pas si nous aurons les progrès nécessaires ce soir (…) ce que je sais , c’est que ce serait une erreur de ne pas faire cette tentative », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, juste avant le début de sa rencontre avec ses homologues français, russe et ukrainien.

« La situation en Ukraine est toujours extrêmement tendue (…) et nous n’avons toujours pas de solution pour une sortie de crise durable », a-t-il reconnu.

Comme M. Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande sont dans l’attente de progrès avant de pouvoir juger utile la rencontre d’Astana censée relancer le processus de paix.

« Nous avons besoin d’un résultat », a exhorté le ministre des Affaires étrangères ukrainien Pavlo Klimkine sur son compte Twitter.

Le sommet ne figure pour l’instant à l’agenda hebdomadaire d’aucun des quatre dirigeants.

Aucun progrès diplomatique n’est en effet visible pour l’instant alors que les violences, qui ont déjà fait plus de 4.700 morts depuis avril, ont repris depuis quelques jours dans l’est rebelle de l’Ukraine, brisant la dernière trêve conclue le 9 décembre.

Sommet crucial

Les diplomates travaillent sur des projets de documents qui pourraient être signés à Astana, ce qui engagerait personnellement Vladimir Poutine, qui dément toute implication de la Russie dans ce conflit.

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d’armer la rébellion séparatiste dans l’Est et d’y avoir déployé des troupes régulières, 7.500 soldats à ce jour, selon les autorités ukrainiennes.

Après l’annexion de la Crimée en mars et son rôle dans le conflit dans l’Est, la Russie est frappée de sanctions européennes et américaines qui commencent à peser sur son économie et sa monnaie.

Ce sommet de paix serait crucial tant pour la Russie, qui cherche à obtenir l’allègement des sanctions, que pour l’Ukraine qui n’a pas les moyens de reprendre le contrôle du bassin minier du Donbass par des moyens militaires.

En visite à Moscou lundi matin, le ministre des Affaires étrangère letton Edgars Rinkevics, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, a répété à son homologue russe Segueï Lavrov que l’UE était « prête à examiner l’allègement ou la suppression des sanctions » en cas de « réels progrès » en Ukraine.

Les seuls accords de paix sur l’est de l’Ukraine ont été conclus en septembre dernier à Minsk entre les rebelles et le Groupe de contact composé de l’ex-président ukrainien Léonid Koutchma, l’ambassadeur de la Russie en Ukraine et une représentante de l’OSCE.

Avant de se rendre à Berlin, M. Lavrov a accusé lundi soir l’Ukraine de vouloir « enterrer les faibles espoirs nés des accords de Minsk ». « Nous avons des informations inquiétantes selon lesquelles les forces (ukrainiennes) préparent dans un avenir proche une nouvelle tentative de solution militaire », a-t-il affirmé .

Un porte-parole de l’armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, a lui aussi pointé « un redéploiement et une concentration des forces ennemies dans toutes les directions » à l’est de l’Ukraine, où la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours.

À Donetsk, bastion des rebelles, de fortes déflagrations étaient audibles dimanche jusqu’à tard le soir dans tous les quartiers de la ville, comme au plus fort des combats cet été, ainsi qu’autour des ruines de l’aéroport, disputé depuis des mois entre l’armée ukrainienne et les rebelles.