Mission en Irak: une opposition outrée par les non-réponses du gouvernement

Les ministres des Affaires étrangères, John Baird, et de la Défense, Rob Nicholson, ainsi que le chef d'État major de la Défense, le Général Tom Lawson, se présentaient le 9 septembre 2014 devant le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Communes à Ottawa pour onformer les parlementaires sur le déploiement canadien en Irak annoncé la semaine précédente par le premier ministre Stephen Harper (45eNord.ca/Nicolas Laffont)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
20150129-112218.jpg
Les ministres des Affaires étrangères John Baird et de la Défense nationale Rob Nicholson, le 29 janvier 2015. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense nationale John Baird et Rob Nicholson se sont retrouvés devant les députés, ce jeudi 29 janvier, pour faire une mise à jour de la situation sur le terrain de la mission canadienne en Irak, quatre mois après leur précédente venue.

Interrogé par les députés, le général Tom Lawson a indiqué que les membres des forces spéciales qui sont actuellement déployés en Irak dans le cadre de l’Opération IMPACT, ne sont «en aucune façon […] là où nous pensons qu’ils pourraient être sous le feu» du groupe armé État islamique.

«Les membres de nos forces spéciales ne cherchent pas [la confrontation] avec l’ennemi, mais si on leur tire dessus ils doivent répondre», a dit pour sa part le ministre Nicholson.

«Cette menace ne va pas disparaitre d’elle-même», a déclaré le ministre Baird. «Le 20e siècle a connu le nazisme, la lutte de notre génération, c’est contre le terrorisme».

Questionnés par les partis de l’opposition sur les règles d’engagement étant donné qu’il s’agit dune mission d’«assistance et de conseil», tant le ministre de la défense que le général Lawson ont botté en touche en rappelant que la mission des forces spéciales est comparable à ce qui a «était fait par le passé».

Les députés du gouvernement ont accusé l’opposition de ne pas soutenir les Forces armées canadiennes et le porte-parole du NPD en matière d’affaires étrangères, Paul Dewar, est allé jusqu’à «chahuter» Nicholson quand il sentait que le ministre évitait une nouvelle fois de répondre à des questions élémentaires.

«Combien coûte cette guerre?» a martelé le député néo-démocrate Paul Dewar, tandis que le ministre de la Défense cherchait à éviter la question.

«Je ne m’attends pas à ce que vous nous donniez l’ensemble des coûts, mais je demande par contre que vous fassiez autant preuve de transparence que les Américains et les Australiens l’ont fait envers leur population, a lancé Elaine Michaud. Au Royaume-Uni, c’est la même chose».

Après plusieurs tentatives, Rob Nicholson a fini par dire que «tous les coûts […] seront divulgués de la manière normale, par l’entremise du Budget supplémentaire des dépenses». L’hiver passé, un budget supplémentaire des dépenses avait été déposé le 13 février 2014.

Pas du combat

Le ministre Nicholson a, lundi, déclaré qu’il lui semblait impossible pour lui de ne pas accompagner les troupes irakiennes sur le terrain pour parfaire leur entraînement, ce qui, selon le député Jack Harris, «contredit» les propos du Premier ministre Stephen Harper, qui avait dit, fin septembre, à la Chambre des Communes, qu’il n’était pas du tout question d’accompagnement, et encore moins sur la ligne de front.

Le général Lawson a cependant récemment indiqué que la mission avait «évolué», mais qu’il ne s’agissait pas dune mission de combat.

L’accompagnement des troupes a un sens différent dans la doctrine militaire que dans le langage courant, selon le général Lawson.

«En termes militaires, puisque vous citez la doctrine, cela a une autre signification très claire. […] il n’y a donc pas de confusion avec nos opérateurs spéciaux dans ce rôle d’accompagnement».

Pour Marc Garneau, porte-parole libéral en matière d’affaires étrangères, si le Parti libéral soutient pleinement la mission des forces spéciales et comprend l’importance de la mission, le gouvernement a «ouvert la porte» en disant ce que font les forces spéciales, alors il faut maintenant que le gouvernement «assume» et soit «transparent».