Accusations d’ivresse portées contre l’ancien commandant en second du NCSM Calgary

Les NCSM Calgary, Winnipeg, Brandon et Yellowknife, comptant plus de 500 marins à leur bord, ont quitté leur port d’attache d’Esquimalt, en Colombie-Britanniquem pour prendre part à des opérations et exercices au large de la côte du sud de la Californie (WikiCommons)
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Le capitaine de frégate Joshua Yanchus, ancien commandant en second du NCSM Calgary (LinkedInn/Joshua Yanchus)
Le capitaine de frégate Joshua Yanchus, ancien commandant en second du NCSM Calgary (LinkedIn/Joshua Yanchus)

Le 16 février 2015, le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) a porté des accusations contre le capitaine de frégate Joshua Yanchus, ancien commandant en second du NCSM Calgary, relativement à des infractions liées à la désobéissance à un ordre légitime et l’ivresse.

C’est une plainte d’inconduite de nature sexuelle qui avait amené le SNEFC à faire enquête. Si les éléments recueillis pendant l’enquête n’ont pas permis de porter des accusations d’inconduite de nature sexuelle, ils ont mené par contre au dépôt d’accusation de désobéissance à un ordre légitime aux termes de l’article 83 de la Loi sur la défense nationale (LDN) et d’un chef d’ivresse aux termes de l’article 97 de la LDN.

Mercedes Stephenson, de la chaîne de télévision privée canadienne CTV, rapporte de son côté que le capitaine de frégate était en d’ébriété dans le mess des officiers le 25 janvier 2014 alors que le navire était à quai à Perl Harbour Pearl Harbour des officiers durant l’exercice RIMPAC 2014.

Des sources de la journalistes de CTV indiqueraient en outre que le capitaine d’armes du NCSM Calgary, qui est la personne responsable de la discipline à bord, était au courant de l’état du capitaine de frégate Yanchus et aurait omis d’en informer le commandant du navire.

Le capitaine d’armes du NCSM Calgary aurait été relevé de ses fonctions par le capitaine, furieux de ne pas avoir été informé du comportement de Yanchus, rapporte également la journaliste.

Quoi qu’il en soit, le capitaine de frégate Yanchus était à bord et en position d’autorité au moment où les infractions auraient été commises, a pu confirmer à 45eNord.ca le major Yves Desbiens, porte-parole du SNEFC.

Si le capitaine de frégate, qui est pour l’instant affecté à des tâches administratives à terre, est reconnu coupable, il pourrait être rétrogradé et ne plus jamais commander un navire.

En outre, ces infractions auraient été commises à bord du NCSM Calgary pendant l’exercice RIMPAC 2014 au cours duquel d’autres événements disgracieux, impliquant quant à eux le personnel du NCSM Whitehorse, avaient amené la Marine royale canadienne à sévir.

En juillet 2014, en plein exercice international RIMPAC 2014 impliquant 49 navires de surface, six sous-marins, plus de 200 avions et 25.000 personnes, trois incidents avaient été répertoriés, deux à bord du NCSM Whitehorse et un troisième à l’extérieur où la police américaine a du intervenir et arrêter un des marins du Whitehorse, amenant le commandant de la Marine royale canadienne à ordonner au navire de faire demi-tour et de rentrer au pays.

«Tous les membres des Forces armées canadiennes sont tenus de se conduire d’une manière appropriée et professionnelle en tout temps», a précisé le capitaine de corvette Mike Amirault, commandant adjoint du SNEFC. «Le SNEFC et la Police militaire estiment que ces accusations sont importantes et ont pris des mesures en conséquence».

La Marine royale canadienne ne plaisante pas avec la consommation abusive d’alcool et l’image du marin ivre appartiendra désormais au passé s’il n’en tient qu’aux responsables de la Marine.

Dévoilant en décembre 2014 les résultats de l’Examen interne de la conduite personnelle au sein de la Marine royale canadienne entreprise après de nombreux problèmes d’inconduite l’été précédent, le commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Mark Norman, avait annoncé que, dorénavant, c’est fini l’alcool bon marché et, qu’en outre, à quelques rares exceptions près, il n’y aura plus d’alcool sur les navires lorsqu’il seront en mer.