Création d’un Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent

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L’Observatoire s’intéressera en priorité aux différentes formes de radicalisation à caractère politico-religieux. (Archives/AFP)
L’Observatoire s’intéressera en priorité aux différentes formes de radicalisation à caractère politico-religieux. (Archives/AFP)

Alors que les politiciens et les forces de l’ordre en parlent régulièrement, c’est au tour des universitaires d’entrer en jeu dans le dossier de la radicalisation et de l’extrémisme violent, avec la création d’un observatoire lancé aujourd’hui, 10 février.

Le Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Québec et du Canada (CIRRICQ), l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, le Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC), la Chaire du Canada en surveillance et construction sociale du risque et l’Équipe de recherche sur le terrorisme et l’anti-terrorisme (ERTA), sont derrière le projet.

L’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent (OSR) compte déjà plus d’une dizaine d’universitaires et chercheurs de renom dans des domaines aussi variés que les sciences politiques, les relations internationales, la psychologie, la criminologie, le droit, le terrorisme.

À la tête se trouve un directoire composé de Sami Aoun, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, de David Morin, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et directeur de recherche au CIRRICQ, Stéphane Berthomet, chercheur associé au CIRRICQ et Stéphane Leman Langlois, professeur à l’Université Laval, directeur de la Chaire du Canada en surveillance et construction sociale du risque et directeur de l’Équipe de recherche sur le terrorisme et l’anti-terrorisme (ERTA).

Définir le problème

S’il n’est pas question de se substituer aux corps policiers ou aux politiques, l’Observatoire sur la Radicalisation et l’extrémisme violent (OSR) aura pour mandat «d’observer, documenter et comprendre» les phénomènes de radicalisation et d’extrémisme violent au Québec et au Canada, selon ce qu’a dit Stéphane Berthomet en entrevue téléphonique avec 45eNord.ca. Six axes de recherche ont déjà été définis et il y en aura d’autres:

  • L’état du phénomène de radicalisation et de la violence extrémiste au Québec et au Canada.
  • Les causes de la radicalisation et les conditions du passage à l’action violente.
  • La géopolitique de la radicalisation et les enjeux des débats théologico-politiques sur le radicalisme islamiste.
  • Les réseaux et sources de financement des organisations radicales.
  • L’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux dans les phénomènes de radicalisation et leur couverture par les médias traditionnels.
  • Les politiques et les programmes de prévention et de lutte à la radicalisation, incluant les programmes de déradicalisation.

«On veut reprendre possession de la question. C’est un enjeu de société que l’on veut comprendre et les universitaires veulent y prendre part»,

Favorisant une approche interuniversitaire et pluridisciplinaire, l’OSR met en place, dès sa création, un partenariat avec les chercheurs de l’ensemble des universités francophones du Québec et disposera d’un bureau à Montréal (CIRRICQ à l’École nationale d’administration publique), Sherbrooke (École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke) et Québec (Chaire du Canada en surveillance et construction sociale du risque de l’Université Laval).

L’Observatoire travaillera en étroite collaboration avec les chercheurs au Canada et à l’étranger et des partenaires issus du milieu de la pratique ainsi que les institutions gouvernementales, le milieu associatif, les médias et les communautés. Des discussions sont déjà en cours avec divers partenaires.

Un site Internet verra le jour dans les prochaines semaines pour faire état des études, notes d’analyse et des documents de travail. L’Observatoire organisera aussi des cycles de conférences, des ateliers ouverts et fermés ainsi que des formations.

Il ne s’agira cependant pas qu’un énième mécanisme qui ne fera rien, puisque le nouvel Observatoire proposera des «pistes de solutions et d’actions» en vue de lutter contre ces phénomènes que sont la radicalisation et l’extrémisme violent, précise encore Stéphane Berthomet.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». En Afghanistan, en Haïti, dans l'Arctique, aux États-Unis, ou un peu partout au Canada, il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action.

Commentaires

  1. Je salue avec soulagement votre initiative d’observatoire sur ce sujet qui est générateur de dérives dangereuses actuellement. Nous assistons à une levée de toutes sortes d’intolérances, et malheureusement aux amalgames empreints de racisme qui en sont les corollaires.
    Je suis comme bien des québécois en quête de sens, et de modération, en plus d’éprouver un sentiment d’impuissance devant cette montée. Je veux faire ma part de citoyenne dans cette réalité mais j’ai d’abord besoin de comprendre. Je suis très intéressée à suivre vos travaux afin de m’y aider. Comment puis-je le faire?

  2. Salutation à toute l’équipe et félicitations sincères pour cette belle initiative si importante!

    Je m’adresse particulièrement à M. Berthomet, que je « connais par ICI RDI ».

    Je vis un problème particulier avec mon voisin qui est musulman. J’ai discuté avec lui et aussi sa femme pour le régler mais il refuse de prendre la responsabilité qui lui incombe.
    J’ai ait des représentation auprès de ma ville et aussi de mon arrondissement (ville de Québec) et ils ne peuvent rien faire et aucun règlement n’existe pour m’aider.

    J’ai besoin de conseils.
    De plus, j’ai peur d’aller plus loin pour régler car compte tenu de certaines observations depuis leur arrivée (11/2 an),je crains des représailles.
    Merci de votre attention
    Diane Fortin