La «ciberguerra»

0
150
Le 5 février 2015, à Madrid, Daniel Ventre rencontre José Manuel García-Margallo, Ministre des Affaires Etrangères espagnol. (La Vanguardia)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
 Le 5 février 2015, à Madrid, Daniel Ventre rencontre José Manuel García-Margallo, Ministre des Affaires Etrangères espagnol. (La Vanguardia)
Le 5 février 2015, à Madrid, Daniel Ventre rencontre José Manuel García-Margallo, Ministre des Affaires Etrangères espagnol. (La Vanguardia)

Le 5 février 2015 s’est tenue à Madrid; au sein de l’Instituto Cervantes, une conférence de presse, organisée par La Vanguardia, à l’occasion de la sortie de son Dossier spécial sur la cyberguerre (numéro janvier-mars 2015). Deux intervenants se sont partagés le temps de parole: moi-même, au titre de la Chaire de Cybersécurité, et Mr. José Manuel García-Margallo, Ministre des Affaires Etrangères espagnol.

La manifestation s’est déroulée en présence de Mr. Jorge Fernández Díaz, Ministre de l’Intérieur espagnol, les responsables de plusieurs ministères espagnols, des industriels des télécoms, et une large assemblée de diplomates (ambassadeurs et membres des corps diplomatiques de nombreuses ambassades présentes en Espagne).

Ma présentation, à la demande des organisateurs, s’est focalisée sur les définitions des enjeux et de quelques concepts centraux (cyberespace, cyberguerre, cyberattaques) et la différenciation entre cyberguerre, actes de guerre, cybercriminalité.

J’ai également insisté sur l’insuffisante prise de conscience des problématiques de cybersécurité/cyberdéfense par la classe politique en général, les laissant actuellement entre les mains quasi exclusives des acteurs de la défense et de la sécurité (armée, police, renseignement).

Trop rares sont encore en effet les échanges sur la cybersécurité, me semble-t-il, qui s’inscrivent dans les débats politiques plus généraux. Le Ministre Garcia-Margallo a pour sa part souligné l’importance des cyberattaques que subit chaque jour davantage l’Espagne. Les grandes lignes de sa présentation furent les suivantes:

  • les cyberattaques touchent tous les secteurs: organismes publics, institutions de l’administration publique, entreprises, citoyens
  • la cyberdéfense fait partie des enjeux majeurs de la stratégie de sécurité nationale
  • depuis décembre 2013, l’Espagne dispose d’une stratégie nationale de cybersécurité et d’un Conseil national de la cybersécurité.
  • il faut assurer la cybersécurité, mais ne jamais oublier que le cyberespace doit être et rester un espace de liberté. La tentation de contrôler le cyberespace, en limiter les usages, pour assurer la sécurité nationale est légitime, mais peut nous entraîner à commettre des erreurs fatales pour le progrès de l’homme.
  • avec 70.000 cyberattaques recensées au cours de l’année passée, l’Espagne est le troisième pays le plus attaqué au monde, après les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le temps ne nous fut pas accordé pour formuler des questions. Il eut pourtant été intéressant de demander des explications sur cette dernière affirmation (comment est produit ce chiffre; comment expliquerait-on cette focalisation des cyberattaques contre l’Espagne, etc.)