Le général Tom Lawson a discuté à Riyad du plan de campagne de la coalition contre l’EI

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Le général Tom Lawson estime que la mission en Irak se passe bien, même si elle pourrait s'avérer longue à mener à bien. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le général Tom Lawson estime que la mission en Irak se passe bien, même si elle pourrait s’avérer longue à mener à bien. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le chef de l’état-major de la défense du Canada, le général Tom Lawson, a conclu une rencontre de deux jours à Riyad, en Arabie saoudite, avec ses homologues de plus de 25 pays où il a discuté du plan de campagne militaire de la coalition dirigée par les États-Unis contre le groupe armé État islamique.

La coalition qui lutte contre le groupe armé État islamique compte maintenant plus de 60 pays, y compris des alliés proches comme l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Danemark, les États-Unis, la France, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni; des partenaires régionaux comme l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, l’Iraq, la Jordanie, le Liban et le Qatar.

Le soutien que fournit le Canada aux efforts de la coalition démontre la détermination de notre pays à appuyer nos partenaires pour lutter contre l’idéologie extrémiste, le terrorisme et la subversion de l’ordre international, souligne le communiqué de la Défense canadienne qui annonce le séjour à Ryad du chef d’état-major canadien.

« Cette rencontre a […] été une bonne occasion d’évaluer les progrès de la coalition et de discuter des opérations futures visant à dissuader et ultimement à vaincre cette terrible menace à la sécurité régionale et internationale. », a déclaré pour sa part le général Lawson.

« Ce rassemblement de chefs de la Défense a démontré non seulement que la mission de combat aérien de la coalition a réussi à ralentir l’avance de l’EIIL, mais que l’ennemi est passé à une posture principalement défensive à la suite des attaques terrestres et aériennes cinglantes. », a affrimé le chef d’état-major canadien.

« L’appui de la coalition au renforcement de la capacité des forces de sécurité irakiennes donne également des résultats, puisque nos partenaires reprennent et conservent du terrain perdu, une indication claire que le plan de campagne de la coalition fonctionne comme prévu », a-t-il aussi souligné.

Depuis septembre, la coalition a lancé plus de 1 300 frappes aériennes en Iraq, qui ont aidé à perturber et à affaiblir la puissance de combat et les capacités de commandement et de contrôle du groupe djihadistes.

Encore aujourd’hui à Ottawa, lors d’un point de presse sur l’opération IMPACT, la contribution canadienne à la coalition menée par les États-Unis, le capitaine de vaisseau Paul Forget, porte-aprole du Commandement des opérations interarmées, affirmait que les actions de la coalition avaient forcé le groupe armé l’État islamique à déplacer ses routes de ravitaillement et que le groupe djihadiste s’en trouvait de plus en plus exposé.

En outre, à la faveur des frappes de la coalition, les forces irakiennes ont repris du terrain qu’elles avaient perdu l’été dernier et peuvent commencer maintenant des manœuvres pour encercler Mossoul, révélait le porte-parole des Forces armées canadiennes.

Les Américains favorisent une attaque de Mossoul en avril-mai

L’armée américaine a indiqué pour sa part jeudi souhaiter que les forces irakiennes lancent leur offensive sur la ville stratégique de Mossoul (Nord) en avril-mai, si leur degré de préparation est suffisant.

« Nous visons toujours le créneau avril-mai », a déclaré un responsable du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient, ajoutant qu’il y avait « toujours beaucoup de choses à finaliser » pour l’offensive sur cette Mossoul, aux mains du groupe l’État islamique (EI) depuis juin 2014.

« Il y aura ensuite le ramadan, la chaleur (de l’été), et cela deviendra problématique si (l’offensive) démarre après » ce créneau, a expliqué le responsable.

Mais si les Irakiens « ne sont pas prêts, si les conditions ne sont pas réunies, si tout l’équipement dont ils ont besoin n’est pas là physiquement (…) nous n’avons pas fermé la porte » à continuer plus longtemps la phase de préparation, a-t-il ajouté.

Selon ce responsable, l’offensive sur Mossoul, tenue par « 1.000 à 2.000 » combattants de l’EI, doit être menée par l’équivalent de « 12 brigades », soit de « 20 à 25.000 » hommes.

Les forces irakiennes constitueront la plus grosse partie des troupes, mais 3 brigades kurdes participeront aussi à l’offensive, selon la même source, qui a rappelé que les forces kurdes ont déjà commencé à couper des voies de communication autour de la ville.

La participation de contrôleurs aériens avancés pour guider les bombardements pendant l’offensive, comme les forces spéciales canadiennes le font déjà sur la ligne de front lorsqu’ils accompagnent les forces irakiennes qu’elles doivent entraîner, deviendrait alors très importante alors qu’on sait la réticences des Américains à engager leurs soldats au sol.

La contribution canadienne à la coalition

La contribution militaire du Canada à la coalition, la Force opérationnelle aérienne en Iraq, compte environ 600 membres des Forces armées canadiennes, qui comprend :

  • la Force opérationnelle aérienne en Iraq;
  • des officiers de liaison;
  • des éléments de soutien comme le commandement et le contrôle, du personnel médical et des services de logistique.

La Force opérationnelle aérienne en Iraq comprend

  • Six chasseurs CF188 Hornet de la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta;
  • Un avion-ravitailleur aérien CC150T Polaris de la 8e Escadre Trenton, en Ontario;
  • Deux avions de surveillance CP140 Aurora de la 14e Escadre Greenwood, en Nouvelle-Écosse.
  • Des conseillers des Forces opérationnelles spéciales du Canada :

Environ 69 membres des forces spéciales canadiennes conseillent et assistent les forces de sécurité irakiennes dans le nord de l’Iraq pour les aider à se préparer à lutter efficacement contre le groupe extrémiste radical .

Ces forces jouent un rôle crucial et de plus en plus actif sur le terrain, au plus près des troupes irakiennes et, au grand dam de l’opposition parlementaire canadienne, les soldats canadiens, essuyant le feu de l’ennemi alors qu’ils accompagnaient les forces irakiennes sur la ligne de front pour identifier et repérer des cibles, ont du riposter  à plusieurs reprises et faire feu à leur tour.

Réfutant toute modification des règles d’engagement depuis le début de l’opération canadienne, les Forces armeés canadiennes ont alors évoqué une «évolution» du rôle des Forces armées canadiennes dans le cadre de la mission de conseil et d’assistance aux forces de sécurité irakiennes. «Quand nous sommes arrivés, nous leur apprenions les bases de l’engagement au combat. Nous sommes désormais plutôt dans une atmosphère d’aide au commandement tactique» avait expliqué un porte-parole du commandement militaire.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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