Le NPD votera contre le projet de loi antiterroriste C-51, confirme son chef

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Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique et leader de l'Opposition officielle (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Thomas Mulcair, chef du  Nouveau parti démocratique et leader de l'Opposition officielle (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique et leader de l’Opposition officielle (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Alors que s’amorce aujourd’hui le débat sur le projet de loi antiterroriste C-51 s’amorce ce mercredi 18 février à la Chambre des communes, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a confirmé aujourd’hui que son parti votera contre le projet de loi.

Le projet de loi C-51 déposé par les conservateurs donnerait notamment à l’agence d’espionnage canadienne, le pouvoir de contrer les projets de voyage de présumés extrémistes, de falsifier des documents, de saboter du matériel destiné de activités terroristes, d’interrompre des transactions bancaires et d’intervenir secrètement sur des sites web radicaux.

Devant la recrudescence de l’incitation à l’utilisation de la violence par le terrorisme et après les attaques d’octobre dernier contre des soldats canadiens Patrice Vincent, à Saint-Jean-sur-Richelieu et Nathan Cirillo, aux abords du parlement, à Ottawa, tous deux tués par des aspirants-djihadistes, les deux tiers des Canadiens appuient clairement le renforcement par le gouvernement Harper de l’arsenal antiterroriste, révélait un sondage le mois dernier.

Les libéraux ont déjà annoncé le 4 février leur appui au projet de loi antiterroriste C-51 même s’ils le jugent imparfait,e t les néo-démocrates se retrouvent maintenant seul à ramer à contre-courant.

Soupçonnant, à tort ou à raison, les conservateurs de chercher à faire des gains politiques avec le terrorisme, les néo-démocrates se sont montrés dés le début très critiques du projet de loi C-51 et ont manifesté l’intention de s’assurer que le projet de loi conserve un équilibre entre la protection des Canadiens et le respect des libertés civiles.

«Vous ne pouvez pas protéger les libertés tout en détruisant ces mêmes libertés», avait déclaré à ce propos un ténor néo-démocrate, Nathan Cullen.

Pour le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, le projet de loi antiterroriste a été rédigé de façon si large qu’il permettrait au gouvernement d’espionner ses ennemis politiques.

M. Mulcair s’insurge particulièrement contre l’article du projet de loi qui dit que l’entrave au fonctionnement d’infrastructures essentielles est une activité portant atteinte à la sécurité du Canada.

Selon le chef de l’opposition officielle à Ottawa, le libellé du projet de loi C-51 est si vague qu’il permettrait au Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) d’enquêter sur quiconque remettrait en question les politiques sociales, économiques et environnementales du gouvernement conservateur.

Le chef néo-démocrate estime également que le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), chargé de la supervision de Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) n’a pas la crédibilité requise pour accomplir sa tâche.

Le NPD se retrouve donc maintenant isolé dans ce dossier, seul [enfin, seul avec le Parti Vert qui ne compte que deux députés] à dénoncer le caractère qu’il juge liberticide de ce projet de loi.