Les Canadiens et Radarsat 2 à la rescousse, Kiev pourra enfin voir qui traversent ses frontières

Le satellite canadien Radarsat 2 (Photo: Agence spatiale canadienne)
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Le satellite canadien Radarsat 2 (Photo: Agence spatiale canadienne)
Le satellite canadien Radarsat 2 (Archives/Agence spatiale canadienne)

Le Canada se prépare maintenant à fournir à l’armée ukrainienne l’imagerie satellite qui donnerait aux forces de Kiev l’avantage d’avoir enfin des images haute résolution du champ de bataille dans leur conflit avec les séparatistes pro-russes de l’Est du pays, rapportent les médias canadiens.

Ottawa et Kiev sont en train de finaliser un accord en vertu duquel le Canada fournirait à l’Ukraine des images du satellite RADARSAT-2, dont l’Agence spatiale canadienne dit qu’il est capable de fonctionner jour et nuit quelques soient les conditions météorologiques.

Ironie du sort, RADARSAT-2 a été lancé le 14 décembre 2007 du cosmodrome de Baïkonour par une fusée Soyuz-FG/Fregat. Il a été placé sur la même orbite que RADARSAT-1, lancé en 1995, qu’il suivait à 50 minutes d’intervalle, mais qui a cessé de fonctionner en janvier 2014.

Radarsat 2, une version améliorée de Radarsat-1, peut émettre en polarisation horizontale ou verticale et sa résolution atteint 3 mètres,5. Il est spécialisé dans l’observation des pôles.

Les Forces armées canadiennes utilisent en effet les informations de RADARSAT-2, géré par Richmond, MacDonald Dettwiler and Associates de la Colombie-Britannique pour le gouvernement canadien, pour surveiller le ciel de l’Arctique et le territoire maritime. Les informations de RADARSAT sont utilisées, plus précisément, pour la surveillance de la région arctique du Canada et des approches maritimes, la détection des navires, et le soutien aux opérations des Forces armées canadiennes à l’échelle mondiale.

L’accord avec Kiev pour l’utilisation des images de RADARSAT-2 par les forces ukrainiennes devrait être annoncé sous peu alors qu’une trêve est censée entrer en vigueur à partir de dimanche minuit, mais que les violences ne connaissaient pas de répit dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine, ce qui alimente la méfiance des Occidentaux envers les nouveaux accords de paix dits de Minsk 2.

Si on se fie au sort des accords passés, il n’y a aucune garantie que la trêve tiendra et l’imagerie satellite canadien donnerait alors à Kiev un outil de haute technologie lui permettant de surveiller de façon indépendante si Moscou honore les termes du cessez-le feu.

Les Ukrainiens, grâce aux Canadiens et à RADARSAT-2, seront enfin seront en mesure de voir qui est en train de traverser leurs frontières.

Par contre, le gouvernement canadien devrait stipuler dans l’accord que les images satellites ne devront être utilisés que pour aider l’Ukraine à prendre des mesures défensives et non pas pour cibler le ciblage les forces adverses.

La technologie de RADARSAT-2 permettra alors à l’Ukraine de redéployer ses troupes pour répondre aux menaces et de déterminer, par exemple, si un lance-roquettes Grad russes se trouve à distance de frappe d’un poste de contrôle militaire ou d’une ville ukrainienne.

RADARSAT-2 est capable de prendre des photos de la frontière entre l’Ukraine et la Russie deux fois par jour et offre des images suffisamment détaillées pour que que Kiev puisse suivre le mouvement d’objets aussi petits que les véhicules individuels.

Avec les images satellite, l’Ukraine sera également en mesure de fournir en temps réel la preuve au monde que des troupes ou de l’équipement russes ou de l’équipement traverse la frontière russo-ukrainienne. Un peu à l’instar de l’OTAN, par exemple, qui avait en juin dernier rendues publiques des images satellite à l’appui de ces déclarations qui affirmaient que les chars utilisés par les forces séparatistes dans l’Est de l’Ukraine avaient été fournis par la Russie.

Le Canada, les États-Unis et d’autres alliés de l’OTAN n’ont jusqu’à maintenant fourni qu’une assistance militaire non létale à l’Ukraine, tels que les casques, trousses de premiers secours et de l’équipement de communication.

Mais, le 11 février, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient commencer à former les troupes ukrainiennes en Mars dans l’ouest de l’Ukraine et hier, le nouveau ministre de la Défense nationale, Jason Kenney a déclaré que le Canada pourrait décider de se joindre aux États-Unis dans la formation des forces ukrainiennes.

Jason Kenney faisait ainsi écho aux commentaires du premier ministre Stephen Harper, qui affirmait en entrevue au réseau anglais de Radio-Canada que «toutes les options étaient sur la table» en ce qui a trait aux actions contre l’intervention russe dans l’est de l’Ukraine.