L’OTAN dévoile les détails du renforcement de sa force de réaction

Les ministres de la Défense des 28 États membres se réunissent à Bruxelles pour préparer le Sommet OTAN 2012 de Chicago. (Photo: OTAN)
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Réunion des ministres de la Défense de l'OTAN à Bruxelles, le 5 juin 2013 (Photo: OTAN)
Lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles, les 28 pays alliés ont convenu d’aller de l’avant avec le renforcement de la force de réaction de l’OTAN. (Archives/OTAN)

Avec une situation toujours aussi délicate en Ukraine, l’OTAN s’est engagé à renforcer son flanc Est. Les ministres de la Défense ont ainsi approuvé la création d’une force déployable en deux jours.

Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Roumanie, accueilleront six premiers éléments multinationaux de commandement et de contrôle.

Ils ont aussi approuvé la création de six centres de commandement en Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Roumanie. Le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, y voit une réponse «aux actions agressives de la Russie».

Ces centres de commandement doivent faciliter le déploiement rapide des forces des pays de l’Alliance dans la région, apporter un soutien à la planification de la défense collective, et faciliter la coordination des entraînements et des exercices multinationaux.

Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que les décisions d’aujourd’hui avaient pour but de «s’assurer que nous avons les bonnes forces, au bon endroit, au bon moment».

Force de réaction

L’annonce d’aujourd’hui doit permettre «de renforcer la force de réaction rapide de l’OTAN. Sa taille actuelle est de 13.000 hommes. Nous devons décider de la porter à 30.000».

La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume‑Uni assumeront le rôle de pays-cadre pour les rotations de cette force dans les prochaines années.

En plus des éléments aériens et maritimes et des forces d’opérations spéciales, sa composante phare sera une nouvelle force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), articulée autour d’une brigade multinationale comportant jusqu’à cinq bataillons de manœuvre, soit environ 5.000 soldats, dont certains éléments seront prêts à faire mouvement dans les deux à trois jours.

Cette annonce fait suite aux engagements pris par l’OTAN au sommet de septembre dernier, en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie et à l’intervention de soldats russes aux côtés des séparatistes dans l’est de l’Ukraine, mais aussi pour parer aux menaces djihadistes au sud, alors que la Turquie, membre de l’OTAN, partage une frontière avec l’Irak et la Syrie.

Pour l’OTAN, cette force de réaction rapide a une vocation purement défensive. Mais cette précision ne suffira sans doute pas à amadouer Moscou, qui a toujours vécu l’extension de l’Alliance à l’Est comme une menace.

Participation canadienne ?

Le ministre de la Défense nationale du Canada, Rob Nicholson, a indiqué, pour sa part, que le Canada n’a pas encore pris la décision de prendre part à cette force opérationnelle. Il a déclaré plutôt que le gouvernement «évaluera les contributions futures au plan de préparation opérationnelle de l’OTAN à la suite des résultats découlant de cette réunion», mais qu’avec l’Opération REASSURANCE, le Canada a et va continué à apporter sa contribution, soulignant notamment la présence du NCSM Fredericton en Méditerranée.

Fin septembre, le général Tom Lawson, chef d’état-major de la Défense, avait rappelé l’importance de «la réponse rapide du Canada et son engagement» envers l’Ukraine et l’Irak. Il avait réaffirmé l’engagement du Canada envers les mesures d’apaisement à plus long terme, y compris son intérêt envers le Plan d’action «réactivité» destiné à renforcer la défense collective de l’Alliance annoncé au Sommet.