L’unilinguisme de Rob Nicholson critiqué à Ottawa et à Québec

Accompagné de son secrétaire parlementaire James Bezan, le ministre de la Défense nationale a annoncé l'envoi de matériel non-létal à l'Ukraine. (45eNord.ca)
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Do you speak français ? (Photo: Stock Images)
Do you speak français ? (Archives/Stock Images)

Il ne devrait pas y avoir d’unilingue anglophone comme Rob Nicholson au poste de ministre des Affaires étrangères, selon ce qu’a affirmé mardi le Premier ministre québécois Philippe Couillard, déplorant une situation «loin d’être souhaitable».

Rob Nicholson a été nommé au poste de ministre des Affaires étrangères lundi, après la démission surprise de John Baird, quelques jours plus tôt.

Appelé à réagir, le chef libéral provincial estime que le grand patron de la diplomatie canadienne se soit d’être bilingue puisque le Canada est un pays «où il y a deux langues officielles. […] Je m’attendrais au moins à ce que le ministre des Affaires étrangères puisse au moins dire quelques mots en français.»

«Je ne veux pas qu’on se mêle ailleurs de mes nominations au conseil des ministres, je ne ferai pas d’autres commentaires là-dessus, mais il aurait été certainement souhaitable qu’il y ait une connaissance au moins minimale du français. Il n’est pas trop tard pour prendre des cours, il y en a qui l’ont déjà fait», a-t-il dit.

La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, juge «très décevant» qu’un élu incapable de parler français accède à la fonction névralgique de chef de la diplomatie canadienne.

Selon les partis de l’opposition, le gouvernement libéral doit se faire plus incisif à l’égard du gouvernement conservateur.

Le Parti québécois qualifie d’«aplaventriste» l’attitude du gouvernement libéral.

«Le Québec est maintenant absent sur la scène internationale, d’autant plus que M. Couillard a fermé ou donné moins de moyens aux délégations (à l’étranger), a dénoncé le chef par intérim du PQ, Stéphane Bédard. Ce qui fait que le rôle du Québec, et surtout la force du français, n’est plus reconnu sur la scène internationale.»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, somme lui aussi le premier ministre de dénoncer de manière plus explicite la nomination de M. Nicholson. La retenue du premier ministre trahit à ses yeux un «malaise» sur la question identitaire.

«Je trouve ça un peu mou de la part du premier ministre du Québec, a dit M. Legault. M. Couillard devrait dire clairement à M. Harper qu’on n’est pas d’accord avec sa nomination et que ça prend quelqu’un qui est bilingue aux Affaires étrangères.»

Le leader de l’Opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, s’est étonné pour sa part que «ni le nouveau ministre Nicholson, ni son secrétaire parlementaire ne sont capables de prononcer un mot en langue française. Le français est, et a toujours été, la langue de la diplomatie. […] Ça en dit long sur le fait que M. Harper est vraiment en train d’oublier complètement qu’il y a deux langues officielles au Canada».

En réponse à une demande de 45eNord.ca, la porte-parole du ministre Nicholson a dit: «Le ministre Nicholson est qualifié pour la position et a prouvé sa compétence dans les autres ministères qu’il a dirigés au cours des dernières années. Je rappellerais également que le ministre responsable de la Francophonie est un Québécois francophone, Christian Paradis».

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