Quelques heures avant le directeur parlementaire du budget, Kenney dévoile les coûts de la mission en Irak

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Un CF-18 canadien de l'opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)
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À peine installé dans ses nouvelles fonctions, le nouveau ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, doit gérer le dossier irakien. (CBC)
À peine installé dans ses nouvelles fonctions, le nouveau ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, doit gérer le dossier irakien. (Archives/CBC)

122 millions $. Voilà le chiffre donné par le ministre de la Défense nationale Jason Kenney sur les coûts de la mission en Irak.

Lors d’un point de presse improvisé peu après la période des questions à la Chambre des communes, le nouveau ministre, qui est entré en fonction il y a tout juste une semaine, a dévoilé les coûts estimés de la mission canadienne en Irak, l’Opération IMPACT.

La mission d’une durée initiale de six mois coûte 122 millions $ aux Canadiens, a dit le ministre à des journalistes, précisant que s’il devait y avoir une prolongation de la mission, alors les coûts augmenteraient logiquement.

Dans une déclaration écrite envoyée à 45eNord.ca, le ministre Kenney précise: «Cette semaine, je vais déposer au Parlement des estimations qui reflètent les coûts différentiels de la mission militaire canadienne en Irak. Les coûts différentiels estimés à ce jour sont d’environ 122 millions $. Nous nous sommes toujours engagés à rester ouverts et transparents sur cette mission autant que possible, sans compromettre la sécurité opérationnelle».

«Évidemment, si nous décidions de retirer nos troupes ou de prolonger la mission, il y aurait des coûts supplémentaires et nous cherchons encore l’approbation du Parlement, indique aussi Jason Kenney, qui rajoute du même souffle: Nous pensons que ces coûts sont tout à fait raisonnables compte tenu de l’importance de cette mission, alors que les forces d’opérations spéciales du Canada et notre Aviation royale canadienne ont un impact significatif contre cette organisation terroriste génocidaire, le soi-disant État islamique».

«Ils ont déclaré la guerre au Canada et à ses alliés, et c’est pourquoi le Canada a la responsabilité d’être là», conclu le ministre de la Défense nationale.

Depuis le début de la mission, fin octobre 2014, l’opposition à Ottawa a tenté d’obtenir une idée des coûts, mais s’est heurté à un mur.

«Combien coûte cette guerre?», avait martelé, fin janvier, le député néo-démocrate Paul Dewar, tandis que le ministre de la Défense cherchait à éviter la question. «Je ne m’attends pas à ce que vous nous donniez l’ensemble des coûts, mais je demande par contre que vous fassiez autant preuve de transparence que les Américains et les Australiens l’ont fait envers leur population, avait lancé Elaine Michaud. Au Royaume-Uni, c’est la même chose».

Après plusieurs tentatives, Rob Nicholson, alors ministre de la Défense, avait fini par dire que «tous les coûts […] seront divulgués de la manière normale, par l’entremise du Budget supplémentaire des dépenses». L’hiver passé, un budget supplémentaire des dépenses avait été déposé le 13 février 2014.

Coûts différentiels vs coûts réels

La polémique revient à chaque fois, mais le ministre Kenney a bien donné les coûts différentiels et non les coûts totaux, c’est à dire que cela exclut notamment les salaires, avantages sociaux, entretien normal des véhicules, utilisation des munitions pour l’entraînement, etc.

À titre de comparaison, pour la mission en Libye, les coûts différentiels étaient de 100 millions $, tandis que les coûts totaux se sont élevés à tout près de 350 millions $.

Le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, doit présenter mardi matin, son propre estimé des coûts, qu’il avait du réaliser sans la collaboration du ministère de la Défense, qui s’était refusé à dévoilé quelconque information.

À suivre…