Un présumé terroriste arrêté à Ottawa et des accusations portés contre deux autres

De gauche à droite, Awso Peshdary, 25 ans, présumé terroriste arrêté le 3 février 2015 à Ottawa, et Khadar Khalib, 23 ans, et John Maguire, 24 ans, contre qui des accusations en lien avec des activités terroristes ont aussi été portées .(GRC/45eNord.ca)
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De gauche à droite, Awso Peshdary, 25 ans, présumé terroriste arrêté le 3 février 2015 à Ottawa, et  Khadar Khalib, 23 ans, et John maguire, 24 ans, contre qui des accusations en lien avec des activités terroristes ont aussi été portées (GRC/45eNord.ca)
De gauche à droite, Awso Peshdary, 25 ans, présumé terroriste arrêté le 3 février 2015 à Ottawa, et Khadar Khalib, 23 ans, et John Maguire, 24 ans, contre qui des accusations en lien avec des activités terroristes ont aussi été portées (GRC/45eNord.ca)

Ce mardi 3 février, à la suite d’une enquête criminelle sur la sécurité nationale approfondie de l’Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) à Ottawa dans le cadre d’un projet nommé SERVANT, la Gendarmerie royale du Canada annonce avoir arrêté un présumé terroriste et avoir en outre porté des accusations en vertu du Code criminel du Canada en lien avec le terrorisme contre deux autres personnes.
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Mise à jour au 09/02/2015 à 16h29

À sa deuxième comparution, ce lundi 9 février en Cour de l’Ontario, Peshdary est demeuré silencieux, alors que la cause était reportée au 19 février.

Par ailleurs, le tribunal a reconduit l’ordonnance de non-communication rendue la semaine dernière contre lui.

Peshdary avait comparu pour la première fois mercredi dernier, au lendemain de son arrestation et plaidé non coupable à quatre chefs d’accusation, notamment d’avoir participé à une activité d’un groupe terroriste et d’avoir facilité une activité pour un groupe terroriste.

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Mise à jour au 04/02/2015 à 13h33

La comparution de Peshdary a duré une dizaine de minutes. L’homme, rapporte la télévision publique canadienne, est apparu calme et semblait attentif pendant l’audience.

Il devra revenir devant le tribunal lundi prochain pour son enquête sur remise en liberté et restera détenu d’ici là.

Le tribunal lui a également ordonné de ne pas communiquer avec une quinzaine de personnes. Parmi elles, les deux hommes encore recherchés qui ont été accusé par contumace en même temps que lui, John Maguire et Khadar Khalib, et les trois autres hommes d’Ottawa accusés de terrorisme au début du mois, les jumeaux Carlos et Ashton Larmond, ainsi que Suliman Mohamed.

Il lui est également interdit d’entrer en contact avec des personnes liées à l’Association des étudiants musulmans du Collège Algonquin où Peshdary a été actif, car ces derniers pourraient être appelés à témoigner ultérieurement.

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Awso Peshdary, doit comparaître aujourd’hui au Palais de justice d’Ottawa.

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Awso Peshdary, 25 ans et originaire d’Ottawa, a été arrêté et accusé d’avoir participé dans une activité d’un groupe terroriste (article 83.18); et d’avoir facilité une activité pour un groupe terroriste (article 83.19), dit le communiqué de la police fédérale. Il est présentement détenu.

La GRC a également porté des accusations par contumace contre Khadar Khalib, 23 ans, et John Maguire, 24 ans, les deux originaires d’Ottawa.

Peshdary avait déjà été arrêté une première fois, en 2010, dans le cadre d’enquêtes sur une organisation extrémiste ayant des ramifications en Afghanistan et au Pakistan et qui projetait alors des attentats sur le sol canadien. Relâché faute de preuves, il multipliait depuis les appels à la « guerre sainte » sur les réseaux sociaux.

Le projet « Servant » a été entamé il y a deux ans. « Nos preuves démontrent que Awso Peshdary fournissait un appui financier aux deux autres, [Khalib et Maguire], afin qu’ils aillent joindre l’État islamique », a indiqué commissaire adjoint James Malizia, officier responsable des Opérations de la Police fédérale de la GRC.

Maguire, alias Abu Anwar al-Canadi, est cet ancien étudiant de l’Université d’Ottawa qu’on a pu voir en décembre dernier sur une vidéo où il mettait en garde le Canada et menaçait de nouvelles attaques.

Quoiqu’on ait récemment rapporté que Maguire a été tué en Syrie, la police fédérale ne détient aucune preuve concluante qui puisse confirmer son décès et a donc décidé de porter des accusations contre lui.

« Une information qui circule sur ces médias n’est pas une preuve suffisante pour confirmer son décès », a déclaré à ce propos la surintendante de la GRC, Jennifer Srachman.

Khadar Khalib, lui, est accusé d’avoir quitté le Canada afin de participer dans les activités d’un groupe terroriste (article 83.181); et d’avoir conseillé à une personne de participer dans une activité d’un groupe terroriste (article 83.18), alors que Maguire est accusé d’avoir facilité d’une activité terroriste (article 83.19).

Khalib a quitté le Canada le 29 mars 2014, à partir de Toronto, vers la Syrie et les deux jeunes djihadistes canadiens seraient, s’ils sont toujours vivants, en Syrie ou en Irak.

Des accusations pour complot de participer dans l’activité d’un groupe terroriste (article 465 (1)(c)) ont également été portées contre les trois présumées terroristes.

Puisque, à l’exception de Peshdary qui a été arrêté aujourd’hui ces individus sont toujours en fuite, des mandats d’arrestation ont été obtenus et une Notice Rouge d’Interpol sera émise sous peu.

Les Notices rouges sont des messages d’alerte internationaux diffusés par l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) utilisés par les services de police pour communiquer à leurs homologues du monde entier sur des infractions, des malfaiteurs et des menaces.

Interpol les diffuse alors à tous ses pays membres.

« Ces arrestations illustrent notre capacité à lutter contre une menace à volets multiples et en constante mutation. Grâce à des efforts axés sur la collaboration avec nos partenaires, nous avons été en mesure de déstabiliser un réseau organisé associé à l’État islamique qui recrutait des personnes pour les envoyer en Syrie et en Irak dans le but de commettre des actes terroristes », a déclaré en marge de cette histoire le commissaire adjoint James Malizia, officier responsable des Opérations de la Police fédérale de la GRC.

La police canadienne particulièrement active

En tant que service de police national du Canada, la GRC est un des principaux participants de l’initiative de lutte contre les activités terroristes au pays et elle mène des enquêtes criminelles liées à la sécurité nationale au Canada et à l’étranger, souligne la police fédérale.

La GRC avait arrêté trois autres hommes d’Ottawa le mois dernier. Le commissaire adjoint Malizia a toutefois indiqué qu’il existe bien « un lien social » entre plusieurs des suspects et que certains se connaissaient, bien que les enquêtes qui ont mené aux arrestations de janvier et à celle d’hier étaient des opérations distinctes.

Arrêté à Ottawa le 12 janvier, Suliman Mohamed, 22 ans, fait face à des accusations de participation à une activité d’un groupe terroriste et de conspiration en vue de participer à une activité terroriste avec Ashton et Carlos Larmond, accusés quelques jours plus tôt, le 9 janvier.

Arrêté le 9 janvier , aussi dans la capitale fédérale, Ashton Carleton Larmond, âgé de 24 ans, a pour sa part été accusé de facilitation et de participation à une activité terroriste pour un groupe terroriste et d’avoir incité une personne à se livrer à une activité pour un groupe terroriste. Il a été arrêté à Ottawa.

Arrêté lui aussi le 9 janvier, mais à l’aéroport Montréal-Trudeau, son frère jumeau, Carlos Larmond, doit répondre quant à lui à des chefs d’accusation de participation à une activité pour un groupe terroriste et d’avoir tenté de quitter le Canada afin de participer à des activités terroristes à l’étranger.

Une chose semble de plus en plus clair. Il y avait bel et bien dans la capitale fédérale au moins une cellule terroriste qui se chargeait d’envoyer des djihadistes combattre pour l’État islamique (ÉI).

Les forces de sécurité canadiennes avaient révélé en octobre enquêter sur environ 90 personnes susceptibles de présenter un danger au Canada ou à l’étranger et il ne serait pas étonnant qu’il y ait d’autres arrestations, ce que n’a d’ailleurs pas écarté pour sa part le commissaire-adjoint Malizia.