Venezuela, Nicolás et le loup: Maduro dénonce encore une tentative de coup d’État

Venezuela: Maduro dénonce à nouveau une tentative de coup d'État (capture d'écran/45eNord.ca/Telesur)
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Venezuela: Maduro dénonce à nouveau une tentative de coup d'État (capture d'écran/45eNord.ca/Telesur)
Venezuela: Maduro dénonce à nouveau une tentative de coup d’État (capture d’écran/45eNord.ca/Telesur)

Au milieu de difficultés économiques grandissantes, le président du Venezuela Nicolás Maduro, qui a dénoncé une nouvelle tentative supposée de coup d’État menée par un groupe d’officiers de l’armée de l’air qui ont été placés en détention, a aussitôt été accusé par les États-Unis et l’opposition vénézuélienne d’avoir tout inventé pour, dit le principal groupe d’opposition, « retarder le changement ».

Contesté de toute part, Maduro avait déjà en mars 2014 tenté de mettre la contestation au pas avec l’arrestation de trois généraux de l’Armée de l’Air qu’il avait accusé de «tentative de coup d’État».

Aujourd’hui, il remet ça.

« Nous avons démantelé un attentat putschiste contre la démocratie et la stabilité de notre pays. Il s’agit d’une tentative d’utiliser un groupe d’officiers de l’armée de l’air pour provoquer des violences, un attentat, une attaque », a-t-il affirmé jeudi après-midi lors d’une cérémonie publique à Caracas.

« Nous avons procédé à des arrestations très importantes (mercredi), dans la nuit, à l’aube et (jeudi) », a poursuivi le président socialiste vénézuélien, qui n’a pas précisé les noms ni les rangs des officiers, évoquant seulement un général d’aviation nommé Hernandez, alias +L’Ours+, qui aurait ourdi le complot avec quatre autres officiers.

Selon Maduro, le plan consistait à s’emparer d’un avion Tucano, l’équiper et attaquer le palais (présidentiel) de Miraflores ou le lieu où (il) se trouverait lors de l’un de (ses) déplacements jeudi.

Washington, le gros méchant loup

Et, comme d’habitude, il a ajouté que le projet était financé et dirigé depuis Washington et prévoyait aussi d’autres objectifs, comme la télévision (régionale) Telesur, le ministère de la Défense, etc.

« Ces dernières accusations, comme toutes les précédentes, sont ridicules », a rétorqué la porte-parole du département d’État américain, Jennifer Psaki, dont le gouvernement a des relations des plus tendues avec le Venezuela. « Conformément à une politique de longue date, les États-Unis ne soutiennent pas de transitions politiques par des moyens non constitutionnels », a affirmé Mme Psaki.

Les déclarations de Nicolás Maduro coïncident avec le jour anniversaire des premières manifestations à Caracas initiées en février 2014 par des étudiants pour protester contre l’insécurité, l’inflation et les pénuries. Le mouvement avait démarré quelques jours plus tôt sur le campus de San Cristobal (ouest) avant de s’étendre à tout le pays.

Maduro, qui affronte une grave crise économique et dont la popularité s’est effondrée à 20% d’opinions favorables, est coutumier des accusations de complots soi-disant ourdis par les États-Unis et/ou la Colombie avec la complicité de la l’opposition de droite vénézuélienne, mais n’a jusqu’à maintenant jamais pu faire la preuve de ce qu’il avançait.

Il ne sait plus quoi inventer, réplique l’opposition

Pour le groupe d’opposition Unidad Venezolana, il est clair qu’il s’agit d’une autre tentative de distraire l’attention des Vénézuéliens des échecs de son gouvernement « Les mensonges émanant des officiels sont une tentative désespérée de détourner l’attention des plus récents coups de gouvernement national contre le portefeuille du peuple vénézuélien comme la méga dévaluation de la monnaie nationale et l’augmentation des passages dans les transports publics », écrit le groupe d’opposition.

« Ils ne savent plus quoi inventer pour distraire le peuple vénézuélien de la pénurie, de l’inflation, de l’insécurité et de la baisse de revenu des Vénézuéliens qu’ils ont provoqué », poursuit Unidad Venezolana qui,reprenant les mots de son Secrétaire exécutif Jesús “Chuo” Torrealba à l’approche des législatives de septembre 2015, écrit sur son compte Twitter « Nous ne les virerons pas [se référant aux dirigeants actuels, ndlr] par un coup d’État, mais par une avalanche de vote ».