Crimée: les Tatars dénoncent «l’absence totale de libertés»

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Le chef du Mouvement national des Tatars de Crimée s'inquiète du retour à un régime totalitaire en Crimée. (Archives/Uacrisis)
Le chef du Mouvement national des Tatars de Crimée s’inquiète du retour à un régime totalitaire en Crimée. (Archives/Uacrisis)

Le leader historique des Tatars de Crimée, Moustafa Djemilev, a dénoncé mercredi «l’absence totale de libertés démocratiques» dans la péninsule annexée il y a un an par la Russie, et que 20 000 personnes ont quittée depuis.

«Il y a beaucoup de problèmes» en Crimée pour la minorité tatare (12% de la population), «les Tatars de Crimée sont considérés comme dangereux par les autorités d’occupation», a affirmé M. Djemilev lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Il a cité une estimation des Nations unies chiffrant selon lui à quelque 20 000 les personnes ayant fui la péninsule depuis son annexion. La plupart sont issues de la minorité turcophone et musulmane tatare, a-t-il affirmé.

«Les Tatars de Crimée, qui sont un peuple indigène, étaient opposés à l’occupation. Ils ont boycotté le soi-disant referendum» sur l’indépendance qui a justifié l’annexion de cette région ukrainienne par la Russie «et n’ont participé à aucune élection», a-t-il ajouté.

«Nous sommes revenus à un régime totalitaire», a affirmé M. Djemilev, regrettant «une absence totale de libertés démocratiques».

«Les réunions sont interdites, tous les médias sont censurés, les gens ont été forcés à adopter la citoyenneté russe», a-t-il énuméré. Ceux qui ont refusé sont considérés comme des «étrangers»: ils doivent renouveler leur permis de résidence tous les 90 jours et s’exposent à tout moment à une expulsion, a expliqué M. Djemilev.

«Les perquisitions sont très courantes», a encore dénoncé ce leader très respecté dans la communauté tatare, à qui les autorités russes interdisent depuis avril 2014 de retourner dans la péninsule.

«Les autorités d’occupation recherchent des armes et de la « littérature interdite », un terme que nous avions oublié» a affirmé M. Djemilev. «Il y a une liste de 3000 livres interdits, personne ne l’a vue mais elle est constamment remise à jour» et «si ces livres sont trouvés dans une maison, c’est considéré comme un crime», a-t-il assuré.

Ces perquisitions visent notamment les médias de la minorité. Selon lui, le directeur de l’agence de presse tatare est également banni.

L’Assemblée des Tatars, la Mejlis, «fait l’objet d’intimidations, de chantages et de menaces», a-t-il relevé. Plusieurs de ses membres ont été bannis ou sont sous le coup d’enquêtes criminelles dans une tentative des autorités de «créer une Mejlis plus loyale», a affirmé M. Djemilev.

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