Esseghaier et Jaser déclarés coupables de complot pour faire dérailler un train de passagers de VIA Rail

Raed Jaser et Chiheb Esseghaier, accusés d’avoir voulu faire dérailler un train de Via Rail. (AFP)
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Raed Jaser et Chiheb Esseghaier, accusés d’avoir voulu faire dérailler un train de Via Rail. (AFP)
Raed Jaser et Chiheb Esseghaier, accusés d’avoir voulu faire dérailler un train de Via Rail. (AFP)

Le Montréalais Chiheb Esseghaier et son complice Raed Jaser, qui résidait en banlieue de Toronto, ont été reconnus coupables par un jury ce vendredi 20 mars, d’avoir comploté pour faire dérailler un train de passagers entre New York et Toronto, au terme d’un procès où Esseghaier avait refusé d’être représenté par un avocat et même de présenter une défense, ne jurant que par le Coran et affichant son mépris du droit canadien.

Les deux hommes étaient accusés de deux chefs de complot et de deux chefs de «participation ou contribution» à une activité d’un groupe terroriste. Esseghaier était aussi accusé d’un cinquième chef – «avoir chargé une personne de se livrer à une activité au profit d’un groupe terroriste».

Le jury ne s’est toutefois pas entendu sur l’un des deux chefs de complot retenus contre Jaser: celui de «nuire aux moyens de transport au profit d’un groupe terroriste».

Plus tôt vendredi, au dixième jour de délibérations, les 12 membres du jury avaient annoncé au juge Michael Code qu’ils s’étaient entendus sur l’un des deux verdicts qui ne faisaient toujours pas l’unanimité jusqu’ici, rapporte la Presse Canadienne.

Ils ont alors demandé au magistrat s’ils pouvaient prononcer leurs huit verdicts unanimes, et être libérés pour le neuvième. Le juge Code leur a alors répondu que, si les jurés ne parvenaient pas à s’entendre à l’issue de nouvelles délibérations, le tribunal aurait en effet le pouvoir d’accepter leurs huit verdicts unanimes, et de déclarer une impasse pour le dernier chef.

Plus tard en après-midi, les jurés sont donc revenus avec leurs huit verdicts unanimes de culpabilité, et le juge a accepté de mettre fin à leurs délibérations.

Au procès, qui avait débuté le 2 février, la Couronne avait plaidé que la preuve d’écoute électronique était «accablante» contre les deux hommes. L’avocat de Jaser a décrit en plaidoiries finales son client comme un escroc voulant soutirer de l’argent à ses deux présumés complices, et non comme un djihadiste aux sombres desseins.

Esseghaier, lui, rejetant la tenue même de ce procès, car il ne se déroulait pas sous le sceau du Coran, avait refusé de dire s’il plaidait ou non coupable (c’est le juge qui a du enregistrer un plaidoyer de non-culpabilité pour lui) et n’a même pas daigné présenter une défense.

Au moment de son arrestation, en avril 2013, Esseghaier, d’origine tunisienne, était étudiant au doctorat à l’UQAM. Il travaillait et étudiait à l’Institut national de la recherche scientifique, à Varennes, en Montérégie. Jaser, résident permanent canadien d’origine palestinienne, vivait en banlieue de Toronto.