La prudence du Pentagone l’incite à retarder l’entrainement de soldats ukrainiens

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Des soldats ukrainiens près d'Izium le 15 avril 2014 (Archives/Anatoliy Stepanov/AFP)
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Des soldats ukrainiens préparent leurs munitions sur la ligne de front, près de Marioupol, le 26 janvier 2015 dans l'est du pays (Anatolii Boiko/AFP)
Des soldats ukrainiens préparent leurs munitions sur la ligne de front, près de Marioupol, le 26 janvier 2015 dans l’est du pays (Anatolii Boiko/AFP)

Le Pentagone retarde son programme d’entrainement des soldats ukrainiens par crainte de donner un prétexte à Moscou pour saboter les récents accords de paix passés avec les autorités ukrainiennes.

Le 11 février dernier, Kiev et les rebelles indépendantistes de l’est de l’Ukraine soutenus par Moscou étaient parvenus aux accords «Minsk 2». Bien que déjà largement fragilisés et violés, Washington semble mettre un point d’honneur à défendre et appliquer ces accords qui posaient essentiellement les termes d’un cessez le feu entre les belligérants.

C’est dans ce but que le lieutenant-général américain Ben Hodges, commandant de l’armée américaine en Europe a annoncé le report du programme d’entrainement des soldats ukrainiens: «Le début de la formation a été retardé pour laisser du temps afin de voir si le cessez-le feu et l’accord de Minsk pourraient être mise en œuvre avec succès».

Celui-ci a poursuivi en affirmant que «nous ne voulons pas donner aux russes la possibilité de dire: regarder, les américains amènent tous ces soldats. Ils ne peuvent pas être dignes de confiance».

«L’administration est très prudente, elle ne veut pas faire s’effondrer les accords de Minsk» confie pour sa part Steven Pifer, l’ancien ambassadeur américain en Ukraine désormais chez Brookings Institution.

L’entrainement des forces ukrainiennes était censé avec lieu dans l’ouest du pays soit très loin des lignes de front actuelles. Il était prévu que les unités ukrainiennes soient jumelées avec les bataillons de l’armée américaine pour apprendre notamment à améliorer leurs techniques de premier soin en combat,  comment lutter contre le brouillage radio de l’ennemi ou encore comment survivre à des tirs d’artillerie lourde.

La présence supposée des soutiens militaires occidentaux au sein des forces ukrainiennes est un thème de propagande récurent dans les discours de Vladimir Poutine. En janvier, le Président russe n’avait d’ailleurs pas hésité à utiliser l’appellation de «légion étrangère de l’OTAN» pour qualifier les forces de l’armée ukrainienne.

Mais le dilemme entre soutenir l’armée ukrainienne et éviter de provoquer Moscou est-il  vraiment pertinent étant donné la prédominance de l’agressivité dans la stratégie russe en Ukraine ?

C’est ce que souligne le lieutenant-général Hodges: «Il y a des gens qui sont très préoccupés par ce que nous faisons en Ukraine et qui craignent que cela ne provoque les russes. Ils n’ont clairement besoin d’aucune provocation quand vous regardez ce qu’ils font»

Mentionnons à cet effet, la récente interview télévisée où le Président russe, Vladimir Poutine a dévoilé qu’il avait mis les forces nucléaires russes en alerte lors de l’annexion de la Crimée un an auparavant.

Le 27 février dernier, le Canada avait eu cette même crainte d’ébranler les accords de paix récemment conclu en Ukraine et avait également pris la décision de suspendre temporairement son programme de formation des policiers militaires ukrainiens dirigé par les Forces armées canadiennes.

1 COMMENT

  1. Il faut lire entre les lignes que le couillons d’Obama a trop peur de permettre aux Ukrainiens de se défendre devant l’agression russe en Ukraine! Les Russes sont encore entrain de magouillé pour saboter Minks 2 en disant qu’une élection dans les zones tenues par les terroristes n’était pas dans l’entente et qu’il faut surtout pas que les rebelles déposent les armes. On voit très bien où il veulent aller l’annexion pur et simple de l’Est Ukrainien.

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