Le parlement ukrainien adopte des lois sur le statut spécial de l’Est rebelle

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Les négociations de paix entre Kiev et les rebelles prorusses doivent reprendre mercredi à Minsk (Gennadiy Zhinkov/Tass)
Les négociations de paix entre Kiev et les rebelles prorusses doivent reprendre mercredi à Minsk (Gennadiy Zhinkov/Tass)

Le Parlement ukrainien a adopté mardi deux projets de loi accordant davantage d’autonomie aux régions de l’est du pays, d’ores et déjà été dénoncés par les séparatistes pro-russes comme n’étant pas pleinement conformes à ce que prévoyait l’accord de paix de Minsk.

Les deux textes ont été adoptés respectivement par 265 et 296 députés, pour un minimum requis de 226. Ils avaient été soumis par le président Petro Porochenko, qui avait personnellement rencontré des députés pour les convaincre de les soutenir.

Ces textes, adoptés dans le cadre des accords de paix de Minsk 2, complètent une première série de lois sur le statut spécial de la zone contrôlée par les séparatistes prorusses, adoptée en septembre.

Celles-ci permettaient à ces territoires d’obtenir notamment des financements du gouvernement de Kiev, suspendus depuis fin 2014, de former légalement leur propre milices et de donner un statut plus favorable à la langue russe qui y est majoritairement parlée.

Les nouveaux documents définissent la liste des localités qui bénéficieront de ce statut et précisent qu’elles ne pourront y accéder qu’après l’organisation d’élections locales en conformité avec la loi ukrainienne et sous contrôle d’observateurs indépendants.

Les rebelles ont dénoncé notamment ce conditionnement du statut spécial à la tenue d’élections et estimé que ces dispositions n’étaient pas conformes aux accords de Minsk.

Les accords de Minsk ne prévoient pas de modifications sur la loi sur le statut spécial, avait mis en garde, dès avant le vote, un des responsables de la République autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, selon des médias locaux.

La Russie avait elle aussi dès lundi fait part de sa préoccupation concernant ces documents, affirmant que Kiev avait refusé d’en discuter avec les séparatistes.

A Kiev, à l’inverse, les textes ont été critiqués par une partie des députés qui considèrent qu’ils scellent juridiquement la perte des territoires sous contrôle rebelle.

Cette loi donnera le pouvoir à des personnes dont les mains sont couvertes du sang des Ukrainiens, a lancé l’ex-Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko, aujourd’hui députée.

Ces lois ont été adoptées alors que des accrochages sporadiques ont fait trois morts et cinq blessés parmi les militaires ukrainiens dans les dernières 24 heures, selon un porte-parole militaire.

Ces soldats ont été tués par des tirs et l’explosion d’une mine artisanale sous leur véhicule, a précisé ce porte-parole, Andriï Lyssenko

Des tirs à l’arme à feu, au lance-grenades et de mortier contre les positions ukrainiennes se poursuivent, malgré le cessez-le-feu instauré il y a un mois, a souligné le porte-parole. Les rebelles ont également employé des chars, a-t-il affirmé.

Les accords de paix de Minsk 2, qui prévoient également un cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes de la ligne de front, ont été signés le 12 février à la faveur d’une médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel, qui avaient longuement discuté avec le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine dans la capitale du Bélarus.

Moscou est accusé par Kiev et les Occidentaux d’armer les rebelles et d’avoir déployé ses troupes en Ukraine, ce que Moscou dément malgré de nombreux témoignages rapportés par les médias.

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