Les Houthis tentent de prendre Taëz, troisième ville du Yémen

0
Des soldats yéménites à Sanaa, le 19 mars 2015 (AFP)
Des soldats yéménites à Sanaa, le 19 mars 2015 (AFP)

Les miliciens chiites houthis, en lutte contre le pouvoir du président Hadi, se sont rendus maîtres d’une partie de Taëz dans la nuit de samedi à dimanche. Ils s’y sont emparés de l’aéroport militaire, d’une prison et de plusieurs bâtiments gouvernementaux.
—-
Mise à jour au 24/03/2015 à 7h35

Cinq personnes ont été tuées et 80 blessées mardi à Taëz (sud-ouest du Yémen) quand des miliciens chiites ont ouvert le feu sur une manifestation hostile à leur présence dans la ville, selon des sources médicales et des responsables.

Les manifestants protestaient pour la troisième journée consécutive contre la milice chiite des Houthis, qui s’est emparée ce week-end de l’aéroport et d’un campement des forces spéciales à Taëz, ont indiqué à l’AFP ces sources.
—-

Des milliers de personnes sont sorties dans les rues de Taëz pour protester contre la présence de Houthis. Ces miliciens auraient tué par balles un manifestant et en auraient blessaient cinq autres, selon des militants.

Par ailleurs, six membres de tribus ont été tués dans des combats à Al-Qania, une localité de la province de Mareb, à l’est de Sanaa, où ils s’opposaient à une avancée des Houthis, a indiqué une source tribale faisant état du décès d’une trentaine de miliciens chiites. Ce bilan est impossible à vérifier de source indépendante.

Appel de l’Iran au dialogue

Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir dimanche pour examiner la situation au Yémen après l’appel lancé par le président Abd Rabbou Mansour Hadi. celui-ci a demandé « une intervention d’urgence » de l’ONU et accusé les miliciens chiites de fomenter un coup d’Etat.

M. Hadi a promis samedi de combattre l’influence de l’Iran au Yémen. Il s’est élevé contre « l’extrémisme chiite » ainsi que « l’extrémisme sunnite ».

L’Iran chiite, accusé par M. Hadi de soutenir les miliciens houthis, a lancé de son côté dimanche un appel au dialogue. Il a toutefois laissé entendre que le président yéménite ferait mieux de s’en aller.

Retrait des soldats américains

« Notre attente est que le président (…) Hadi démissionne au lieu de s’entêter dans l’erreur et qu’il joue un rôle constructif en empêchant l’éclatement du Yémen et la transformation d’Aden en refuge pour les terroristes », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahia.

Les Etats-Unis ont eux confirmé samedi avoir évacué leurs derniers soldats, une centaine de membres des forces spéciales, qui étaient encore stationnés sur le territoire yéménite. L’armée américaine appuie depuis plusieurs années les forces de sécurité yéménites qui combattent Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPQ), notamment au moyen de drones.

Les commentaires sont fermés.