Les relations entre la RDC et l’ONU dans une mauvaise passe

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Le nouveau Chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), Martin Kobler (Photo: Bikem Ekberzade/ONU)
Le nouveau Chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), Martin Kobler (Photo: Bikem Ekberzade/ONU)

Les relations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’ONU traversent une mauvaise passe, a reconnu mercredi le chef de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), des sources diplomatiques faisant état d’une rupture totale de la coopération entre les Casques bleus et l’armée congolaise.

« Les relations entre la Monusco et le gouvernement, mais aussi le président de la République [Joseph Kabila, NDLR], c’est un moment difficile, c’est tendu », a déclaré M. Martin Kobler au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, à huit jours de l’ouverture des discussions au sein du Conseil de sécurité – comme chaque année à la même époque – en vue du renouvellement du mandat de la Mission, qui s’achève le 31 mars.

En raison d’un désaccord entre la Monusco et les autorités, les Casques bleus ne prennent pas part à l’offensive contre les rebelles hutu rwandais dans l’est de la RDC annoncée fin janvier par l’armée congolaise et entrée dans une phase véritablement opérationnelle fin février dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu.

M. Kobler a néanmoins démenti que l’armée et la Monusco aient cessé leur coopération, relancée en décembre par la traque des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le nord du Nord-Kivu.

Contre les ADF, c’est une vraie coopération, cela n’a pas changé jusqu’à maintenant, a affirmé Martin Kobler en réponse à une question : Nos troupes vivent ensemble, mangent ensemble, combattent ensemble dans la brousse.

Sous le couvert de l’anonymat, un général congolais a cependant dit le contraire à l’AFP. Sur le front des ADF, nous menons nos opérations avec nos seuls moyens, a-t-il déclaré.

Des diplomates vont plus loin, affirmant que l’armée congolaise a reçu l’ordre de cesser toute collaboration avec la Monusco et que la consigne est appliquée depuis quelques jours, ce que dément M. Kobler en disant que d’autres opérations communes Monusco-FARDC (Forces armées de la RDC) ont lieu, notamment contre les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), dans le nord-est.

Martin Kobler est arrivé en RDC mi-2013. Le début de son mandat a été marqué par une bonne collaboration entre la Monusco et les autorités qui a conduit en novembre de cette même année à la défaite, après 18 mois d’insurrection au Nord-Kivu, de la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), soutenue par l’Ouganda et le Rwanda.

Les difficultés sont apparues à partir de janvier 2014 à l’occasion de divergences sur la façon de poursuivre la stabilisation de l’est du pays, déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans, et où pullulent encore une cinquantaine de groupes armés, en particulier face au peu d’empressement de Kinshasa à combattre les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dont la neutralisation était un objectif onusien prioritaire.

Elles se sont exacerbées avec les critiques répétées de la Monusco sur les violations des droits de l’Homme en RDC et ses appels à ce que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, abandonne son poste en 2016, conformément à la Constitution, dénoncés par Kinshasa comme autant d’ingérences inacceptables.

Alors que l’on attendait en janvier une opération commune FARDC-Monusco contre les FDLR, l’ONU a posé comme condition à son soutien et à sa participation à l’offensive la mise à l’écart de deux généraux congolais qui venaient d’être nommés pour la coordonner, les accusant de s’être rendus coupables par le passé de graves violations des droits de l’Homme. Face au refus d’obtempérer de Kinshasa, les choses sont bloquées, et chacune des deux parties accuse l’autre d’être responsable du blocage.

Plusieurs des chefs et des membres les plus anciens des FDLR, opposées au président rwandais Paul Kagame, sont recherchés par la justice internationale pour leur participation présumée au génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda.

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