Lutte contre l’EI : la mission s’étendra aux groupes terroristes affiliés s’ils menacent le Canada

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Le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, à Ottawa, le 6 mars 2015. (Bastien Duhamel/45eNord.ca)
Le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, à Ottawa, le 6 mars 2015. (Bastien Duhamel/45eNord.ca)

L’expansion vers la Syrie de la mission en Irak n’ouvre pas la porte à une intervention dans d’autres pays aux prises avec des islamistes dans la mesure où ces groupes ne posent pas pour l’instant de menace à la sécurité internationale ou à celle du Canada, a déclaré le ministre de la Défense, Jason Kenney, dans une entrevue ce dimanche 29 mars à la télévision publique canadienne.

En revanche, «Nous avons l’intention de nous joindre à d’autres alliés contre l’EI là où il peut poser une menace à la sécurité internationale et à celle du Canada.», a déclaré le ministre.

Le ministre affirme que des groupes terroristes qui se réclament du groupe armé État islamique (EI) tels que Boko Haram au Nigeria et Abou Sayyaf aux Philippines, qui n’ont pas les mêmes moyens de se déployer, ne devraient pas être visés par une intervention canadienne.

«Ces organismes-là n’ont pas les mêmes capacités que l’EI. Ils n’ont pas menacé le Canada. Ils n’ont pas la capacité d’un État. L’EI était presque au point l’automne dernier de former quasiment un État qui pouvait poser une menace au Canada. Ça, c’est la différence.», a déclaré Jason Kenney à Radio-Canada.

Toutefois, s’il fallait étendre la mission à d’autres pays comme la Libye ou le Yémen, le gouvernement reviendrait devant le parlement, a indiqué le ministre.

Le premier ministre Stephen Harper a déposé une motion à la Chambre des communes mardi pour prolonger la mission en Irak de 12 mois et l’étendre à la Syrie. L’objectif du gouvernement est d’affaiblir l’EI afin qu’il ne pose plus de menace à la sécurité internationale. Le vote des parlementaires est prévu lundi. Les deux partis d’opposition ont déjà indiqué qu’ils n’appuieraient pas cette motion.

Une soixantaine de pays participent à la coalition menée par les États-Unis pour contrer l’EI. Depuis octobre, plus de 600 militaires canadiens sont déployés en Irak pour effectuer des frappes aériennes. De ce nombre, 69 font partie des forces spéciales dont le mandat est de former des combattants kurdes dans le nord du pays. L’un d’entre eux, le sergent Andrew Doiron, a perdu la vie au début du mois après avoir été atteint par des tirs fratricides.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a déjà soulevé un doute sur le rôle des Forces canadiennes en Irak dont des soldats se sont parfois trouvés près de la ligne de front pour identifier des cibles, mais le gouvernement Harper maintient qu’ils ne sont pas impliqués dans des combats au sol.

«Nous n’avons aucune intention de le faire et, franchement, je crois que ça serait imprudent, affirme Jason Kenney. On ne veut pas se mêler dans des combats terrestres dans une région aussi dangereuse. On peut aider les Irakiens avec les frappes aériennes, avec la formation et l’aide humanitaire,point»

Un engagement qui pourrait se prolonger

La motion qui sera adopté lundi par la majorité conservatrice lundi malgré l’opposition des Libéraux et Néo-Démocrates, prévoit prolonger la mission jusqu’au 30 mars 2016 sera adoptée, mais plusieurs observateurs craignent que cela ne s’arrête pas là.

«On va évaluer la situation dans un an. C’est bien possible qu’un gouvernement décide de poursuivre la mission.» , a clairement reconnu le ministre Kenney.

Le ministre de la Défense reconnaît aussi toutefois que d’autres formes d’appuis seront nécessaires pour atteindre l’objectif.«Si les Irakiens réussissent à se débarrasser de l’EI, ils auront besoin d’une aide de la communauté internationale pour la reconstruction, d’aide humanitaire et de formation militaire», dit-il.