On perd la trace d’un autre jeune Québécois inscrit au Centre culturel islamique d’Adil Charkaoui

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Le Centre culturel islamique de l'Est de Montréal où cinq des jeunes Québécois soupçonnés d'être aprtis joindre les rangs du groupe arméÉtat islamque ont été inscrits à un moment ou un autre (Google Street View)
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Le Centre culturel islamique de l'Est de Montréal où cinq des jeunes Québécois soupçonnés d'être aprtis joindre les rangs du groupe arméÉtat islamque ont été inscrits à un moment ou un autre (Google Street View)
Le Centre culturel islamique de l’Est de Montréal où cinq des jeunes Québécois soupçonnés d’être partis joindre les rangs du groupe armé État islamique ont été inscrits à un moment ou un autre (Google Street View)

La télévision publique canadienne dit avoir identifié un septième jeune Québécois parti vers la Turquie dont les autorités ont perdu la trace et qui était inscrit à des ateliers liés au Centre culturel islamique de l’Est de Montréal dirigé par Adil Charkaoui.

Le jeune homme habitait à Montréal, mais a été porté disparu à Laval, rapportait tard hier soir Radio-Canada.

Il étudiait au Collège de Maisonneuve, tout comme quatre des six jeunes Québécois soupçonnés d’avoir rejoint le groupe djihadiste armé ultra-radical l’État islamique en Syrie.

En février, on apprenait en effet que la police de Montréal enquêtait sur la disparition d’un groupe de six jeunes Québécois âgés de 18 et 19 ans soupçonnés d’être partis pour se joindre à des groupes djihadistes en Syrie.

Les six jeunes, quatre garçons et deux filles, ont pris un vol autour du 16 janvier et auraient réussi à atteindre la Turquie avec l’intention de passer en Syrie voisine, puis, les autorités et leurs familles ont perdu leur trace.

Ce septième jeune Québécois aurait été en contact avec au moins l’une de ces personnes, rapportait encore Radio-Canada.

En décembre 2013, toujours selon la télévision publique canadienne, il était inscrit à deux ateliers liés au Centre culturel islamique de l’Est de Montréal dirigé par Adil Charkaoui, soit un atelier sur le projet de charte des valeurs québécoises de l’ancien gouvernement péquiste et un autre atelier intitulé, lui, «Ce que le musulman doit impérativement savoir».

Quant au Collège de Maisonneuve, peu après qu’il a été révélé que quatre de ses étudiants étaient soupçonnés d’être partis joindre les rangs du groupe armé État Islamique, il a suspendu la location de quatre salles de classe loués par M. Charkaoui pour enseigner le Coran et deux plateaux sportifs pour l’École des compagnons, affiliée au Centre communautaire islamique de l’Est de Montréal.

Dans la foulée, un autre Cegep montréalais, le Collège de Rosemont, a lui aussi annoncé qu’il mettait fin à ses relations contractuelles avec le Centre communautaire islamique de l’Est de Montréal, auquel il louait également des locaux.

Adi Charkaoui s’était alors insurgé contre ces décisions, menaçant les collèges de poursuite et criant à la chasse aux sorcières.

La réaction de Charkaoui

Adil Charhaoui, directeur du Centre culturel islamique de l’Est de Montréal (Facebook)
Aujourd’hui, Adil Charkaoui a réagi sur sa page Facebook à la possibilité qu’un septième Québécois ayant participé à des cours donnés par son centre se soit rendu en Turquie.

«Il est impensable qu’un aussi grand nombre de jeunes puissent quitter pour une destination [Turquie] aussi surveillée en pleine année scolaire sans que personne ne s’en rende compte!», écrit-il.

« Les partis d’opposition ne doivent pas se laisser impressionner par le matraquage médiatique des dernières semaines », poursuit Charkaoui, »Le ministre de la sécurité publique, le SCRS et l’Agence des Services Frontaliers doivent répondre des failles importantes qui ont permis à ces jeunes de disparaître laissant leurs parents dans le désarroi le plus total! »

Comme il fallait s’y attendre, il réplique aussi en attaquant les médias « Quant aux médias de masse (Radio-Canada, La Presse et l’équipe d’enquête de Québecor), ils servent jusqu’à maintenant de relais efficaces aux sources qui leur coulent des allégations au compte-gouttes pour ternir des réputations et surtout brouiller les cartes! »

En terminant, il soulève trois questions qu’il juge importantes « Comment ont-ils pu [les sept jeunes Québécois, NDLR] quitter le pays? Comment ont-ils pu obtenir des passeports (surtout le jeune à qui le père a confisqué le sien)? » et « L’agent du SCRS qui aurait recruté les 3 adolescentes britanniques et qui a été arrêté en Turquie était-il en contact avec eux? », se référant dans la dernière question au présumé espion canadien que détiennent les Turcs.