RDC: l’offensive contre les rebelles hutus rwandais étendue au Katanga

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Des soldats des Forces armées de RDC partent pour combattre les rebelles ougandais des ADF, le 31 décembre 2013 à Eringeti (Alain Wandimoyi/AFP)
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Des soldats des Forces armées de RDC partent pour combattre les rebelles ougandais des ADF, le 31 décembre 2013 à Eringeti (Alain Wandimoyi/AFP)
Des soldats des Forces armées de RDC partent pour combattre les rebelles ougandais des ADF, le 31 décembre 2013 à Eringeti (Archives/Alain Wandimoyi/AFP)

L’offensive de l’armée congolaise lancée cette semaine contre les rebelles hutu rwandais dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a été étendue à la province du Katanga, dans le sud-est, a indiqué le gouvernement dimanche.

L’opération contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) se déroule au Nord-Kivu, Sud-Kivu et au nord-Katanga, a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, en déplacement à Goma, capitale du Nord-Kivu.

Depuis le début des opérations, quatre FDLR ont été tués au Nord-Kivu et trois au Sud-Kivu, tandis que, pour le nord-Katanga, il y a six capturés jusqu’à ce jour, a-t-il ajouté en montrant à la presse 20 FDLR et 23 Congolais qui combattaient dans les rangs des FDLR qui ont été attrapés au Nord-Kivu.

L’armée a lancé mardi au Sud-Kivu et jeudi au Nord-Kivu son offensive très attendue contre les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda (800.000 morts selon l’ONU).

Au sixième jour des opérations, les situations divergeaient suivant les fronts. Des combats opposaient l’armée aux rebelles au Nord-Kivu, tandis que les rebelles continuaient de fuir sans combattre les soldats au Sud-Kivu.

Nous sommes en pleine guérilla. L’ennemi connaît mieux le parc [que nous] et il cherche à se ravitailler chez nous [en munitions] avec des embuscades, a déclaré à l’AFP un officier au Nord-Kivu participant aux combats dans le parc des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et repaire de groupes armés. Selon lui, les combats se déroulaient plus précisément entre les deux volcans Nyiragongo et Nyamulagira.

Dimanche au Sud-Kivu, l’armée poursuivait sa traque.

Nous avons récupéré toutes les trois localités à Burhinyi, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, mais les FDLR ont fui visiblement quand ils ont eu vent de l’arrivée des FARDC, a déclaré un officier au Sud-Kivu.

Nous continuons à les poursuivre. Le message que nous leur lançons est qu’ils se rendent pour leur rapatriement ou leur relocalisation ailleurs qu’au Rwanda, a souligné cette source.

De sources militaire et officielle, l’armée a repris, en combattant ou non, plusieurs positions des FDLR, parfois stratégiques.

Les rebelles – entre 1.500 et 2.000 hommes, très implantés dans la population locale – sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils congolais (meurtres, viols, enrôlement d’enfants, pillages…) et de se livrer à de lucratifs trafics de bois et d’or.

La Mission de l’ONU (Monusco) avait promis un soutien logistique, stratégique et opérationnel à l’offensive de l’armée, mais elle l’a retiré quand Kinshasa a refusé de changer deux généraux chargés de piloter des attaques au Nord-Kivu, et que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’homme.

Un incident de parcours a fait que notre partenaire, la Monusco, ne soit pas là, mais nous sommes pas en guerre contre la Monusco: nous voulons faire les choses pour nous mêmes, nous voulons montrer que nous pouvons nous défendre nous-mêmes, a insisté M. Mende.

L’est de la RDC, riche en minerais précieux, est une région instable depuis vingt ans. Plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers s’y disputent ses richesses et commettent de graves exactions contre les civils.