Le sergent Andrew Doiron des forces spéciales canadiennes tué par un tir ami en Irak

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Sergent Andrew Joseph Doiron, membre du Régiment d'opérations spéciales du Canada basé à la garnison de Petawawa, Ontario (MDN)
Sergent Andrew Joseph Doiron, membre du Régiment d’opérations spéciales du Canada basé à la garnison de Petawawa, Ontario (MDN)

Un soldat des Forces armées canadiennes a été tué en Irak, dans un incident de tir ami, au moment où des membres des Forces d’opérations spéciales ont été pris pour cible par erreur par les forces de sécurité kurdes à la suite de leur retour à un poste d’observation derrière les lignes de front.

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Voir notre article le plus récent sur les circonstances du décès tragique du Sergent Doiron >>

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Le sergent Andrew Joseph Doiron, du Régiment d’opérations spéciales du Canada, de la base de Petawawa, en Ontario, a été tué au combat, le 6 mars, à environ 15h50, heure de l’est.

Trois autres membres des Forces armées ont été blessés dans l’incident et reçoivent des soins médicaux pour leurs blessures.

Les quatre ont été transportés vers un centre médical de la coalition pour des soins, mais le sergent Doiron a succombé à ses blessures.

«Nos pensées accompagnent la famille et les amis de notre soldat tombé et les membres des Forces armées blessés pendant cette épreuve. Nous n’oublierons pas le sacrifice de ce soldat; nous poursuivrons notre mission dans le but de conseiller et d’aider les forces de sécurité irakiennes dans la lutte qu’elles mènent contre le soi-disant État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) [le groupe armé État islamique, ndlr]», déclare le communiqué de la défense qui annonce la nouvelle.

«Le sergent Doiron était un véritable patriote canadien, dont la bravoure et le dévouement à l’égard de la sécurité du Canada sont source d’inspiration pour nous tous. Qu’il repose en paix», a déclaré le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, mais, a-t-il souligné «Nous poursuivrons notre mission pour appuyer nos alliés à lutter contre la campagne de haine et de terreur menée par le groupe terroriste l’État islamique en Iraq et au Levant».

Les membres du Commandement – Force d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) se trouvent en Irak pour participer à l’opération IMPACT, dans le cadre de laquelle le gouvernement du Canada déploie des efforts pour fournir de l’aide aux forces irakiennes qui mènent un combat contre les menaces posées par le groupe militant extrémiste État islamique.

Le rôle du COMFOSCAN dans l’opération IMPACT, avec l’aide d’autres éléments des Forces armées canadiennes, est de fournir de l’aide et des conseils de nature militaire. Environ 600 membres du personnel, y compris des éléments d’appui au personnel navigant comme celui affecté au commandement, au contrôle et à la logistique participent à l’opération IMPACT.

Cela comprend 69 membres du COMFOSCAN qui assument déjà leur rôle de consultants et d’aide en fournissant des conseils stratégiques et tactiques aux forces de sécurité irakiennes.

«C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du sergent Andrew Joseph Doiron en Irak aujourd’hui. Nous avons perdu un autre membre précieux de notre famille. Soldat et combattant, le sergent Doiron était un professionnel accompli apprécié de tous. Son sacrifice ne sera pas oublié. Nos pensées et nos prières accompagnent sa famille et ses amis. Je suis reconnaissant de son service et de son dévouement. Il nous manquera», a déclaré le Général Tom Lawson, chef d’état-major de la Défense.

«Tous les membres du Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada éprouvent un grand sentiment de perte à la suite du décès de Drew. Il était un opérateur spécial doué et un grand leader. Il adorait son travail et les personnes avec qui il travaillait. Nous pleurons la perte de Drew avec sa famille et nous lui offrons nos sincères condoléances. Nos pensées accompagnent également les trois opérateurs blessés. Nous rapatrierons Drew avec dignité, nous prendrons soin de nos trois frères blessés et nous poursuivrons notre importante mission en Irak», a ajouté pour sa part le Brigadier-général Michael Rouleau, commandant du Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada.

Faible risque ne signifie pas aucun risque

En janvier, lors de la planification d’un bombardement non loin de la ligne de front, des membres des forces spéciales avaient été attaqués par des tirs de fusils mitrailleurs et de mortiers.

Les Canadiens avaient alors répliqué aux tirs ennemis dans une posture purement défensive et ont détruit les deux positions ennemies d’où venaient les tirs grâce à des snipers. Il n’y a eu lors de ce premier événement aucun blessé du côté canadien.

Puis, les soldats canadiens ont à nouveau essuyé les tirs de combattants de l’EI à au moins deux reprises, les obligeant à riposter «selon une posture strictement défensive et conformément au mandat de la mission» de souligner la hiérarchie militaire canadienne.

Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas eu de victime côté canadien.

Réfutant toute modification des règles d’engagement depuis le début de l’opération canadienne, un porte-parole du Commandement interarmées, le capitaine de vaisseau Forget avait alors évoqué en janvier évoqué une «évolution» du rôle des Forces armées canadiennes dans le cadre de la mission de conseil et d’assistance aux forces de sécurité irakiennes. «Quand nous sommes arrivés, nous leur apprenions les bases de l’engagement au combat. Nous sommes désormais plutôt dans une atmosphère d’aide au commandement tactique» a-t-il souligné.

Malgré un rôle plus actif, l’évaluation du risque sur le terrain reste inchangée avait alors affirmé selon Défense nationale. Le capitaine de vaisseau Forget a ainsi tenu a précisé que «le niveau de risque pour les forces spéciales canadiennes reste faible mais faible ne signifie pas absence de risque».

«Les Canadiens sont fiers, à juste titre, des hommes et des femmes qui servent au sein de nos forces armées. Nous soutenons leurs familles et nous rendons hommage à ceux et celles qui consentent les sacrifices nécessaires pour sauvegarder notre pays et nos valeurs les plus importantes», a déclaré pour sa part le premier ministre Stephen Harper, ajoutant: «Ce tragique incident nous rappelle les risques très réels auxquels nos courageux hommes et femmes qui portent l’uniforme font face pour défendre les libertés qui nous sont chères».

Le gouverneur général, David Johnston, a déclaré quant à lui entretenir «un profond respect pour les hommes et les femmes qui servent au sein des Forces armées canadiennes. Quotidiennement, ils œuvrent à défendre les valeurs et les idéaux qui nous sont chers, tant ici qu’à l’étranger. Leur sens du devoir est remarquable et ils méritent toute notre admiration. Nous n’oublierons jamais le sacrifice du sergent Doiron».

La veille de l’accident qui a coûté la vie au sergent Doiron, Paul Forget avait indiqué lors d’un point de presse sur l’opération IMPACT qu’il n’y avait pas eu de nouveaux échanges de tirs.

Ironie du sort, ce ne sont donc pas des tirs djihadistes qui auront fait la première victime dans les rangs des forces spéciales canadiennes, mais des tirs des forces de sécurité kurdes que nos soldats ont pour mission de former, d’entraîner et d’assister.

L’incident est actuellement sous enquête.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion4 commentaires

  1. Michel Jarry

    Sincères condoléances aux proches et aux frères d’armes du sergent Andrew Doiron mort pour La Défense de notre pays.

  2. Harold Fortier

    Un autre brave est tombé; dix le remplaceront.

    Analogie étrange: les premiers soldats canadiens tombés en Afghanistan ont également été victimes de tirs amis. 🙁