Sierra Leone: nomination d’un nouveau vice-président après le limogeage de M. Sam-Sumana

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Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a annoncé avoir limogé son vice-président Samuel Sam-Sumana. (Archives/Lou Rouse/ONU)
Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a annoncé avoir limogé son vice-président Samuel Sam-Sumana. (Archives/Lou Rouse/ONU)

Le chef de l’Etat sierra-léonais Ernest Bai Koroma a nommé jeudi un nouveau vice-président, qui a prêté serment le jour même, succédant à Samuel Sam-Sumana, limogé, a annoncé la présidence.

Selon un communiqué de la présidence, M. Koroma a désigné en raison de la vacance du poste Victor Bockarie Foh, un baron du parti au pouvoir, le Congrès de tout le peuple (APC), jusqu’alors ambassadeur en Chine.

M. Sam-Sumana avait contesté mercredi soir son limogeage, estimant que le chef de l’Etat n’en avait pas le droit puisqu’il a été élu avec lui en tant que colistier sur un ticket présidentiel. Il avait annoncé qu’il allait saisir la Cour suprême.

Le nouveau vice-président a prêté serment avec effet immédiat, selon la présidence.

M. Koroma l’a remercié d’apporter son expérience et sa valeur à nos efforts pour édifier la démocratie et oeuvrer à la fin d’Ebola, se félicitant qu’il accède à la vice-présidence après avoir été candidat malheureux à ce poste à l’élection de 1996.

M. Foh a exprimé sa volonté de tout faire pour qu’Ebola soit réduit à zéro cas le plus vite possible, saluant la Chine pour son aide immense à la Sierra Leone contre Ebola.

Réélu en 2012 pour un second mandat avec M. Sam-Sumana, le président Koroma ne pourra pas se représenter à sa propre succession en 2017, en vertu de la Constitution.

Dans un communiqué lu à la radio dans la nuit de mardi à mercredi, M. Koroma motivait le limogeage par l’exclusion de M. Sam-Sumana de l’APC le 6 mars et le fait qu’il ait demandé le 14 mars l’asile auprès d’une ambassade étrangère, manifestant ainsi sa volonté d’abandonner ses fonctions.

La nomination d’un nouveau vice-président est le dernier épisode en date de cette crise au sommet de l’Etat.

La semaine dernière, M. Sam-Sumana avait demandé l’asile politique aux Etats-Unis, se disant en danger. Il s’était mis en lieu sûr en attendant une réponse de l’ambassade américaine, avait-on appris samedi dans son entourage.

Ce coup de théâtre faisait suite au déploiement de militaires samedi autour de sa résidence, où ils avaient saisi des documents et désarmé ses gardes. Les autorités avaient cependant affirmé garantir sa sécurité.

Selon des commentaires publiés dans les médias et sur les réseaux sociaux sierra-léonais, le vice-président se serait alarmé du remplacement la semaine dernière de ses gardes attitrés par un nouveau dispositif de sécurité.

M. Sam-Sumana est pourtant réapparu lundi soir à sa résidence, assurant ne pas se sentir menacé.

Il a été exclu du parti au pouvoir après une enquête interne lancée en novembre pour mensonges sur ses diplômes et sa religion, et pour avoir fomenté des agressions sur des membres de l’APC dans sa province diamantifère de Kono, dans l’est du pays, limitrophe de la Guinée, des accusations qu’il a récusées.

Cette exclusion avait été prononcée lors d’une réunion le 6 mars à laquelle il n’a pu assister, s’étant placé lui-même en quarantaine en raison de la mort d’un de ses gardes, décédé d’Ebola.

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