Six morts dans une apparente attaque au gaz de l’armée syrienne

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Un homme équipé d'un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d'Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 (Photo: Archives/Bulent Kilic/AFP)
Un homme équipé d’un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d’Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 (Photo: Archives/Bulent Kilic/AFP)

Six membres d’une même famille, dont trois enfants, ont été tués dans une supposée attaque au gaz menée par les forces du régime dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté mardi une ONG syrienne.

Amnesty International a dénoncé dans un communiqué un crime de guerre du régime, en faisant aussi état de six morts et d’une centaine de personnes, en majorité des civils, exposées à des degrés toxiques de chlore après deux attaques menées lundi par des hélicoptères.

Trois enfants, leur mère, leur père et leur grand-mère sont morts asphyxiés après une attaque aux barils d’explosifs menée par le régime contre leur village de Sarmine, au sud-est d’Idleb, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Selon l’ONG, les médecins sur place ont indiqué que la cause du décès était l’émission d’un gaz, peut-être du chlore, contenu dans les barils d’explosifs.

Un groupe de militants locaux a parlé d’un massacre au gaz de chlore et a publié des photos d’un hôpital de campagne où des victimes désorientées toussaient, en tenant des masques à gaz sur leurs visages.

Les militants ont posté aussi des vidéos des corps des trois enfants qui paraissaient avoir moins de trois ans. Les photos de leurs corps frêles enveloppés dans un drap blanc ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

Ibrahim al-Idlebi, un militant, a confirmé que six civils étaient morts asphyxiés après deux bombardements aux barils d’explosifs à Sarmine. Lors du deuxième bombardement, des volontaires de la défense civile ont tenté de protéger les civils en les aspergeant d’eau.

Le régime syrien a déjà été accusé d’utiliser le chlore, un agent toxique qui peut être considéré comme une arme chimique, contre des zones civiles.

Amnesty International a dit se baser sur des témoignages pour rapporter ce drame. Des attaques horribles, dans lesquelles des civils, dont de jeunes enfants, subissent une mort atroce, constituent une fois de plus une preuve que les forces gouvernementales syriennes commettent des crimes de guerre en toute impunité, a dénoncé Philip Luther, le directeur du programme Moyen-Orient.

La situation en Syrie doit être soumise d’urgence à la Cour pénale internationale, a-t-il ajouté.

La Coalition nationale syrienne (opposition en exil) a affirmé que le recours au chlore par le régime violait une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en mars, qui condamne l’usage du gaz de chlore dans le conflit et menace de prendre des mesures en cas de non respect.

Son chef, Khaled Khoja, a condamné l’attaque de lundi sur Twitter: Le dictateur psychopathe (le président syrien Bachar al-Assad, ndlr) continue de tuer par les armes chimiques, défiant les lois internationales.

En janvier, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait assuré, avec un fort degré de certitude, que du gaz de chlore avait été utilisé en 2014 dans des attaques contre trois villages (au moins 13 morts).

L’OIAC n’avait pas désigné les coupables mais citait des témoins affirmant avoir entendu des hélicoptères -dont seul le régime dispose- avant les attaques.

Damas, qui a signé la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, dément avoir utilisé du chlore à des fins militaires et affirme avoir détruit toutes ses armes chimiques. Mais le recensement des armes chimiques ne concerne pas le chlore, produit très répandu qui a aussi des usages domestiques et industriels.

Les organisations de défense des droits de l’Homme critiquent régulièrement le régime syrien pour l’emploi de barils remplis d’explosifs, largués sur des zones civiles depuis ses hélicoptères.

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