Syrie: Al-Qaïda aux portes d’Idleb, les combats font rage

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Un combattant du Front Al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie, monte la garde dans un bâtiment détruit de Yarmuk, au sud de Damas, le 22 septembre 2014 (Archives/Rami al-Sayed/AFP)
Un combattant du Front Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda en Syrie, monte la garde dans un bâtiment détruit de Yarmuk, au sud de Damas, le 22 septembre 2014 (Archives/Rami al-Sayed/AFP)

Les combats faisaient rage mercredi à l’entrée d’Idleb, grande ville du nord-ouest de la Syrie sous contrôle du régime et contre laquelle la branche d’Al-Qaïda a lancé une vaste offensive, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Idleb est le chef-lieu de la province éponyme, frontalière de la Turquie et en majorité sous contrôle du Front Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda en Syrie. Si elle est capturée, elle serait la deuxième capitale provinciale à échapper aux mains du régime de Damas après Raqa (nord).

« Les combats font rage à l’entrée Est et aux environs de la ville, dont des secteurs sont bombardés par Al-Nosra et ses alliés islamistes », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

Selon lui, les combats et les bombardements ont fait au moins 31 morts, dont 20 soldats.

Mardi, au moins deux attentats suicide à la voiture piégée ont été menés contre des points de contrôle des troupes loyalistes aux abords de la ville, lançant l’offensive.

La coalition d’Al-Nosra et des islamistes s’est fait nommer « L’Armée de la Conquête » et a appelé les habitants d’Idleb à rester chez eux.

Le quotidien privé et proche du pouvoir, al-Watan, a indiqué mardi que l’armée syrienne avait « anéanti les terroristes d’Al-Nosra et leurs alliés aux portes d’Idleb » après avoir fait « face à une violente attaque ».

L’armée est appuyée par les Forces de la défense nationale (milice pro-régime), les comités populaires (formés d’habitants), a indiqué à l’AFP le gouverneur d’Idleb, Kheireddine al-Sayyed.

« Ils ne pourront pas avancer d’un pouce à l’intérieur de la ville », a-t-il dit.

D’après lui, « il n’y a pas de plan d’évacuation car il est exclu pour les habitants de quitter leur ville ». « Ce sont eux qui participent à sa défense ».

Le gouverneur a précisé que la ville, qui comptait « 200.000 habitants » avant le conflit avant de voir des flots de déplacés s’y installer, « n’était pas assiégée » et que « les gens peuvent entrer et sortir ».

En novembre, Al-Nosra a chassé plusieurs groupes rebelles de la province. À l’instar de son rival djihadiste le groupe État islamique (EI), qui a proclamé son « califat » à cheval sur la Syrie et l’Irak, le Front entend fonder un « émirat » dans le nord de la Syrie selon des analystes.

Quant au régime, il ne lui reste que les villes d’Idleb, Jisr al-Choughour et Ariha, des localités, l’aéroport militaire d’Abou Douhour et cinq bases militaires.

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