Syrie: la ville stratégique d’Idleb tombe aux mains d’Al-Qaïda

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Un nuage de fumée s'échappe de la ville d'Idleb en Syrie, le 26 mars 2015 (Karam al-Masri/AFP)
Un nuage de fumée s’échappe de la ville d’Idleb en Syrie, le 26 mars 2015 (Karam al-Masri/AFP)

La ville syrienne d’Idleb (nord-ouest) est tombée samedi aux mains des combattants d’Al-Qaïda et de ses alliés selon une ONG, devenant la deuxième capitale provinciale à échapper au contrôle du régime depuis le début du conflit il y a quatre ans.

Raqa, dans le nord de la Syrie, avait été la première capitale provinciale à échapper au contrôle du régime de Bachar al-Assad lorsqu’elle avait été capturée en mars 2013 par les rebelles, avant de devenir la capitale de facto du groupe extrémiste Etat islamique en Syrie.

Au cinquième jour de violents combats qui ont fait plus de 130 morts, le Front Al-Nosra et ses alliés ont capturé la totalité d’Idleb, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, a annoncé sur Twitter la libération de la ville.

« La ville d’Idleb a été libérée et les moujahidines pourchassent les derniers chabbihas (hommes de main du régime, ndlr) qui tentent de s’enfuir », a affirmé le groupe sur un compte Twitter officiel. Il a mis en ligne des photos de combattants devant le gouvernorat d’Idleb, le siège régional de la police militaire, la mairie et la prison.

« Il y a un groupe de soldats qui se battent encore dans le périmètre de sécurité de la ville, mais ils ne peuvent pas renverser la situation », selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. Cette ONG basée en Grande-Bretagne s’appuie sur un réseau de sources en Syrie.

Selon lui, la rapide conquête de la ville, malgré 150 raids aériens de l’armée pendant quatre jours, s’explique par le fait que près de 2.000 rebelles ont attaqué de tous les côtés, avec 40 transports de troupes.

En outre, il semble que le régime avait anticipé une défaite. Il y a deux semaines, il avait commencé à transférer les bureaux administratifs d’Idleb vers Jisr el-Choughour, une des deux dernières villes sous son contrôle dans la province d’Idleb, a-t-il dit.

Frontalière de la Turquie, la province d’Idleb est en grande partie sous le contrôle du Front Al-Nosra.

À l’instar de son rival djihadiste, le groupe Etat islamique (EI) qui a proclamé son califat à cheval sur la Syrie et l’Irak, Al-Nosra entend fonder son propre émirat en Syrie selon des analystes.

Dans la province, le régime ne contrôle plus désormais que les villes de Jisr al-Choughour et Ariha, quelques petites localités, l’aéroport militaire d’Abou Douhour ainsi que cinq bases militaires.

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