Syrie: Washington doit négocier avec Assad, admet Kerry

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Le président syrien Bachar al-Assad a inspecté mercredi à l'occasion du Nouvel An le quartier de Jobar, dans la capitale (SANA)
Le président syrien Bachar al-Assad (SANA)

Les États-Unis devront négocier avec le président syrien Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit qui vient d’entrer dans sa cinquième année, a reconnu le secrétaire d’État américain John Kerry.

«Au final, il faudra négocier. Nous avons toujours été pour les négociations dans le cadre du processus (de paix) de Genève I», a déclaré M. Kerry dans une interview diffusée sur la chaîne CBS dimanche.

Washington travaille d’arrache-pied pour «relancer» les efforts visant à trouver une solution politique au conflit, a dit le chef de la diplomatie américaine.

Les États-Unis avaient participé à l’organisation de pourparlers entre l’opposition syrienne et des émissaires de Damas à Genève au début de l’année dernière.

Mais les deux cycles de négociations n’avaient produit aucun résultat et la guerre s’est poursuivie.

«Assad ne voulait pas négocier», a asséné John Kerry.

«S’il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d’appliquer Genève I, bien sûr», a répondu M. Kerry lorsque la journaliste lui a demandé s’il était disposé à parler au président syrien. « Nous l’encourageons à le faire».

Depuis le début du conflit en mars 2011, plus de 215 000 personnes ont été tuées et la moitié de la population déplacée.

Les États-Unis, a poursuivi le secrétaire d’État, continuent certes à pilonner le groupe État islamique, qui s’est emparé de larges pans de territoire en Irak et en Syrie, mais leur objectif reste de mettre fin au conflit en Syrie.

«Nous continuons nos efforts de façon appuyée, nous travaillons avec l’opposition modérée, mais ça n’est pas tout», a déclaré M. Kerry. « Nous continuons sur la voie diplomatique. Nous menons des conversations avec un certain nombre de protagonistes ».

Voir aussi Les États-Unis ne veulent pas l’effondrement du régime syrien, déclare le directeur de la CIA >>

18 civils tués dans des raids

Par ailleurs, au moins 18 civils syriens ont été tués et 100 blessés, dont des femmes et des enfants, dans des raids aériens du régime dimanche sur une ville rebelle près de Damas, ont rapporté une ONG et un photographe de l’AFP sur place.

Au moins quatre raids ont frappé Douma, bastion de la rébellion à l’est de Damas, l’OSDH estimant que le bilan pourrait s’alourdir en raison du grand nombre de blessés.

Le photographe de l’AFP a vu une centaine de blessés dans des hôpitaux de campagne, beaucoup pleurant et demandant des nouvelles de leurs proches. Deux fillettes, seules rescapées de leurs familles sont assises sur des lits, le regard hagard, tandis que d’autres enfants blessés sont en état de choc ou en pleurs, consolés par leurs parents.

Sur un brancard est allongé un garçon au visage ensanglanté, la tête et le bras droit recouverts de compresses de gaze. Plus loin, un homme portant un bébé, la face couverte de sang.

Beaucoup de gens sont encore ensevelis sous les décombres, selon le photographe de l’AFP. Les gens sont terrés dans les abris et personne n’ose sortir.

La ville de Douma est située dans la région de la Ghouta orientale, considérée comme le réservoir de la rébellion contre le régime de Bachar al-Assad et bombardée depuis plus de deux ans. Le siège asphyxiant par l’armée de certaines zones a provoqué des pénuries aiguës de nourriture et de médicaments.

Cette situation a poussé certains rebelles à se rendre en vue de faire sortir leurs familles et à même combattre leurs anciens compagnons d’armes au sein d’un groupe affilié au régime.

DiscussionUn commentaire

  1. Je suis prêt à parier que Harper va se mettre à brailler comme un bébé et sucer son pouce quand il apprendra que ses amoureux américains acceptent de faire preuve de pragmatisme et négocier avec Assad