Yémen: le gouvernement exclut un dialogue sans une reddition des rebelles

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Riyad a lancé des frappes pour stopper la progression des Houthis qui aurait permis à cette milice issue de l'importante minorité zaïdite d'étendre son emprise sur tout le territoire du Yémen, frontalier de l'Arabie saoudite, pays qui compte aussi une minorité chiite (Archives/Fayez Nureldine/AFP)
Riyad a lancé des frappes pour stopper la progression des Houthis qui aurait permis à cette milice issue de l’importante minorité zaïdite d’étendre son emprise sur tout le territoire du Yémen, frontalier de l’Arabie saoudite, pays qui compte aussi une minorité chiite (Archives/Fayez Nureldine/AFP)

La Ligue arabe a averti dimanche que les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre les rebelles chiites au Yémen se poursuivraient jusqu’à ce qu’ils déposent les armes.
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Mise à jour au 30/03/2015 à 9h22

Forte du soutien de la Ligue arabe, la coalition conduite par Ryad maintenait lundi une pression militaire extrême sur les forces hostiles au président Abd Rabbo Mansour Hadi, cibles de nouveaux raids aériens dans différentes régions du Yémen, pays frontalier de l’Arabie saoudite.

Lundi en milieu de journée, des appareils ont bombardé des positions dans le nord de la capitale Sanaa, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Par ailleurs, au moins quinze personnes ont été tuées et 30 blessées dans un raid aérien qui a touché lundi un camp de déplacés dans la province de Hajja (nord-ouest du Yémen), a annoncé par un haut responsable de Médecins sans frontières (MSF).

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Au quatrième jour de cette campagne, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a affirmé que les raids continueraient « jusqu’à ce que la milice (chiite) des Houthis se retire et dépose les armes », lors du dernier jour du sommet des chefs d’Etat arabes à Charm el-Cheikh, en Egypte.

Le chef de la diplomatie yéménite Ryad Yassine, qui y participait, a affirmé pour sa part qu’il n’y aurait pas « de négociations ou de dialogue (avec les rebelles), tant que le gouvernement légitime n’aura pas regagné le contrôle de tout le territoire yéménite ».

Les rebelles chiites Houthis, dont le fief Saada est dans le nord, ont déferlé en septembre dernier sur la capitale Sanaa, puis se sont emparés de nombreuses zones dans le centre et l’ouest du pays, menaçant sérieusement ces derniers jours Aden, la grande ville du sud, où s’est réfugié le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Répondant aux demandes à l’aide du gouvernement yéménite, une coalition de pays arabes menée par l’Arabie saoudite a lancé dans la nuit de mercredi à jeudi des frappes sur les positions des rebelles chiites, qui sont soutenus par l’Iran et alliés aux unités militaires fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, contraint au départ en 2012.

Le président Hadi, présent samedi à Charm el-Cheikh, au premier jour du sommet, s’est ensuite envolé pour Ryad et ne devait pas rentrer dans l’immédiat à Aden.

La capitale du Sud est en effet en proie au chaos depuis jeudi, où des groupes armés font la loi.

100 morts à Aden en 4 jours

Des combats nocturnes entre pro et anti-Houthis y ont fait dimanche au moins 20 morts, portant le bilan des violences depuis jeudi à près de 100 morts.

Au nord-est d’Aden, dans la province de Chabwa, au moins 38 personnes ont été tuées dans des combats opposant des membres de tribus sunnites aux rebelles chiites et leurs alliés à Nuqub, près de la région pétrolière d’Usaylan, selon des sources tribales et des services de sécurité.

Par ailleurs, les avions de la coalition ont pris pour la quatrième nuit consécutive pour cibles des positions des Houthis et de leurs alliés.

Outre l’aéroport de Sanaa, ils ont bombardé le QG de la Garde républicaine, alliée aux Houthis, tuant quinze soldats, a indiqué à l’AFP une source militaire. Ce site est situé à Soubaha, dans l’ouest de Sanaa.

L’hôpital militaire de la capitale a reçu les corps de 12 soldats, ainsi que 18 blessés, selon une source médicale.

La Garde républicaine est, dans sa grande majorité, restée fidèle à M. Saleh.

A Hodeida, ville portuaire de l’ouest du Yémen contrôlée par les Houthis, les avions de la coalition ont visé une base aérienne, selon des témoins.

En milieu de journée, ils ont bombardé une route reliant la province de Baïda (centre) à celle de Chabwa en vue de couper une voie d’approvisionnement des Houthis, selon des responsables de l’administration locale et des chefs tribaux.

500 Pakistanais évacués

Inquiet pour ses ressortissants, le Pakistan a commencé à mener des opérations d’évacuation.

Un premier avion, un Boeing 747, a quitté dans l’après-midi l’aéroport de Hodeida avec à bord près de 500 Pakistanais, dont l’ambassadeur d’Islamabad au Yémen, a indiqué à l’AFP un responsable de l’aéroport.

L’Inde a déclaré de son côté avoir reçu l’autorisation d’organiser des vols depuis Sanaa pour évacuer les Indiens au nombre de quelque 4.100 dans le pays.

Selon la chef de la diplomatie indienne Sushma Swaraj, un « bout de la piste » de l’aéroport de Sanaa a été endommagé par les raids de la coalition, mais les dégâts ont été réparés.

Des centaines d’employés de l’ONU et d’entreprises étrangères avaient déjà été évacués samedi par voie aérienne depuis Sanaa.

Des responsables diplomatiques du Golfe ont affirmé que la campagne militaire de la coalition pourrait durer jusqu’à six mois, ajoutant s’attendre à des représailles iraniennes sous forme d’actes de déstabilisation.

L’Iran n’a jamais confirmé aider les rebelles chiites yéménites, mais a dénoncé la campagne aérienne arabe.

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