Yémen: manoeuvres militaires des Houthis à la frontière avec l’Arabie

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Des miliciens chiites près du palais présidentiel, le 20 janvier 2015 à Sanaa (Mohammed Huwais/AFP)
Des miliciens chiites près du palais présidentiel, le 20 janvier 2015 à Sanaa (Mohammed Huwais/AFP)

La milice chiite des Houthis, qui a pris le pouvoir à Sanaa, a organisé des manoeuvres militaires près de la frontière avec l’Arabie saoudite pour parer à toute éventualité, a déclaré vendredi à l’AFP son porte-parole.

Des milliers de militaires appartenant à des unités de l’armée basées dans le nord du Yémen ont participé jeudi après-midi à des manoeuvres, les premières de cette ampleur depuis le coup de force des Houthis début février, a précisé Mohamed Abdessalam dans un entretien au téléphone depuis Bagdad où il est en visite.

Il était impossible dans l’immédiat de vérifier l’ampleur de ces déploiements.

Selon M. Abdessalam, des armements lourds, dont des chars et des canons, dont les Houthis s’étaient emparés lors de leur conquête du pouvoir, ont été utilisés dans ces manoeuvres qui se sont déroulées autour de Kitaf, une localité de la province de Saada, fief des miliciens.

L’objectif était d’améliorer les capacités opérationnelles des forces armées mais aussi de les préparer à toute éventualité, a-t-il indiqué, présentant l’Arabie saoudite comme une menace potentielle.

Selon lui, les manoeuvres militaires de la milice chiite étaient un message de paix adressé à tous, à l’exception de ceux qui cherchent à menacer les Yéménites en soutenant les takfiri (groupes islamistes extrémistes).

L’Arabie saoudite fournit des fonds et des armes et apporte un soutien logistique aux takfiri et à Al-Qaïda, très actif dans l’est et le sud du Yémen, a accusé M Abdessalam, ajoutant que Ryad, qui a rejeté le coup d’Etat des Houthis, n’a pas encore réalisé que le Yémen avait changé et qu’il refusait toute hégémonie.

Le royaume saoudien doit comprendre que le peuple yéménite va défendre sa souveraineté et ne cèdera plus au diktat de son puissant voisin pétrolier, a-t-il prévenu.

Des combattants d’Al-Qaïda, bien implantée au Yémen, tentent par tous les moyens d’empêcher les Houthis de descendre plus au sud.

Vendredi, l’organisation extrémiste sunnite a revendiqué sur Twitter une attaque sur un bâtiment utilisé par des miliciens chiites à Rada, une ville du centre du Yémen, prétendant avoir tué plus de 20 Houthis. Ce bilan n’a pas pu être confirmé par l’AFP.

M. Abdessalam est accompagné en Irak par une délégation qui s’est aussi rendue à Téhéran, à Beyrouth et dans une monarchie du Golfe qu’il n’a pas voulu identifier.

En 2009, l’Arabie saoudite était entrée en guerre contre les Houthis qui s’étaient infiltrés sur son territoire, au moment où ces miliciens étaient la cible d’une vaste offensive militaire lancée alors par le régime de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, parti du pouvoir sous la pression de la rue en 2012.

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