Cisjordanie: un Palestinien tué par l’armée israélienne

Funérailles d'un Palestinien à Hébron le 12 septembre 2014. Selon les Palestiniens, Raëd Abdessalam Al-Jaabari aurait été tué en prison, alors que pour les Israéliens il se serait suicidé (Hazem Bader/AFP)
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Funérailles d'un Palestinien à Hébron le 12 septembre 2014. Selon les Palestiniens, Raëd Abdessalam Al-Jaabari aurait été tué en prison, alors que pour les Israéliens il se serait suicidé (Hazem Bader/AFP)
Funérailles d’un Palestinien à Hébron le 12 septembre 2014. Selon les Palestiniens, Raëd Abdessalam Al-Jaabari aurait été tué en prison, alors que pour les Israéliens il se serait suicidé (Hazem Bader/AFP)

Un Palestinien a été tué et deux autres blessés par l’armée israélienne près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, lors de l’enterrement d’un Palestinien récemment libéré d’une prison israélienne, ont indiqué des sources médicales palestiniennes.

Zyad Awad, 30 ans, est mort après avoir été touché dans le dos lors d’affrontements qui se sont produits au cours des funérailles d’un proche parent, Jaafar Awad, décédé à 23 ans peu après sa sortie de prison, a-t-on ajouté de même source.

Le cortège funéraire s’est mué en manifestation de colère car les Palestiniens accusent Israël d’être responsable de la mort de Jaafar Awad, tombé grièvement malade dans une prison israélienne.

Lors du défilé de milliers d’habitants de la localité de Beit Omar près de Hébron, certains ont jeté des pierres sur les soldats israéliens qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes, des balles caoutchoutées puis des balles réelles, selon des témoins.

Le nom du martyr Jaafar Awad vient s’ajouter à la longue liste des victimes des négligences médicales de l’occupant à l’encontre des prisonniers palestiniens, a accusé Issa Qaraqe, en charge de la question des prisonniers au sein de l’Autorité palestinienne, dans un communiqué.

Israël est seul responsable de sa mort, a-t-il ajouté, avant de réclamer une enquête internationale immédiate sur ce décès et sur les cas de prisonniers qui passent directement de la prison à l’hôpital sans pouvoir retourner dans leur foyer.

M. Qaraqe a plaidé pour que la question des prisonniers palestiniens fasse partie des dossiers présentés par les Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI) dont ils sont officiellement membres depuis le 1er avril.

Le père de Jaafar Awad, Ibrahim, avait affirmé à l’AFP, alors que son fils était encore hospitalisé, qu’il avait passé 15 mois en détention durant lesquels les médecins israéliens de la prison lui ont fait une piqûre qui l’ont rendu malade et l’ont totalement affaibli.

Selon ses parents, rencontrés au chevet du jeune homme, sous assistance respiratoire et incapable de parler ou de se mouvoir, il avait perdu 30 kilos, souffrait des yeux, des reins et de problèmes respiratoires, des affections dont il n’était pas atteint avant d’entrer en prison, selon eux.

Incarcéré pour activités terroristes et appartenance au Jihad islamique –des accusations réfutées par le défunt et sa famille– Jaafar Awad avait été condamné à deux reprises à des peines de prison par la justice israélienne.

C’est un nouveau crime de l’occupant qui prend les prisonniers palestiniens pour des cobayes, avait accusé son père. Ce dernier a affirmé être en rapport avec l’Autorité palestinienne qui avait pris en charge les frais de santé de son fils.