Nigeria: l’armée aux portes d’un important fief de Boko Haram protégé par des mines

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Des troupes nigérianes patrouillent dans les rues de Baga le 30 avril 2013 (Archives/Pius Utomi Ekpei/AFP)
Des troupes nigérianes patrouillent dans les rues de Baga le 30 avril 2013 (Archives/Pius Utomi Ekpei/AFP)

L’armée nigériane a massé ces derniers jours des troupes en vue de déloger les islamistes de Boko Haram de la forêt de Sambisa, l’un de leurs principaux repaires dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Mais l’offensive n’a pu être lancée en raison des très nombreuses mines enfouies par les combattants de Boko Haram sur les accès menant à leurs différents camps dans la forêt, a expliqué à l’AFP un membre d’une milice d’autodéfense qui accompagne les soldats nigérians.

Un soldat et trois miliciens ont péri mercredi lorsque leur véhicule a sauté sur l’une de ces mines, a ajouté à l’AFP le milicien sous couvert de l’anonymat.

« Les Boko Haram sont en très grand nombre dans (la forêt de) Sambisa », a-t-il affirmé.

« Tous les combattants qui ont été chassés de Bama, Dikwa, Gwoza et Damboa (des localités voisines) ont gagné les camps de Boko Haram dans Sambisa », a-t-il dit.

La forêt de Sambisa est située dans l’extrême nord-est du pays, dans l’Etat de Borno et à 80 km de Chibok, une petite ville où les insurgés islamistes avaient enlevé 276 lycéennes en avril 2014, suscitant une indignation planétaire.

On ignore si les 219 jeunes filles encore prisonnières de Boko Haram – 57 avaient pris la fuite dans les heures suivant leur enlèvement – se trouvent dans cette région ou ont été déplacées.

Mercredi, le porte-parole de l’armée nigériane, Chris Olukolade, avait indiqué qu’une offensive était en cours « dans des zones forestières » de cette région, sans toutefois en préciser la localisation exacte.

Il avait également assuré que, lors de l’attaque d’une patrouille de l’armée par des éléments de Boko Haram, l’un des commandants du groupe islamiste et plusieurs combattants avaient été tués.

« Les opérations, notamment dans les zones forestières, progressent en dépit des obstacles et des mines placées par les terroristes », avait assuré le porte-parole dans un communiqué.

Mais le milicien contacté par l’AFP jeudi a décrit une progression de l’armée au point mort depuis trois jours, en raison des mines.

« Les Boko Haram ont enfoui des mines sur tous les axes menant à leurs camps dans la forêt, ce qui est un énorme obstacle et retarde l’offensive militaire contre eux », a-t-il expliqué.

Selon lui, les militaires nigérians ont ainsi dû rebrousser chemin à environ 5 km du principal camp de Boko Haram.

« Nous avons décidé de revenir sur nos pas car la route n’était pas sûre. C’est alors qu’il rebroussait chemin qu’un des véhicules (…) a sauté sur une mine », faisant quatre morts, un militaire et trois membres des milices d’autodéfense, a rapporté le milicien.

« Il n’y a actuellement aucun soldat dans (la forêt de) Sambisa. Nous sommes tous retournés à Bama après avoir été confrontés à l’horreur des manoeuvres dans des champs de mines », a-t-il expliqué.

Les autorités nigérianes affirment être en train de gagner leur guerre contre Boko Haram et se disent déterminées à en finir avec le repaire de Sambisa d’ici l’investiture le 29 mai du président nouvellement élu, Muhammadu Buhari.

Le Nigeria, longtemps accusé de passivité face aux exactions du groupe islamiste, a repris ces dernières semaines une série de localités aux islamistes, avec l’appui notable des troupes tchadiennes intervenues à partir de février en territoire nigérian.

Les troupes tchadiennes ont été déployées dans le cadre d’une opération régionale à laquelle participent également, outre le Nigeria, le Cameroun et le Niger.

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