Abdallah II accueilli à Ottawa comme un grand ami et un important allié dans la lutte à l’EI

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Accueillant à Ottawa mercredi 29 avril le roi Abdallah II de Jordanie, le premier ministre canadien Stephen Harper a déclaré avoir réaffirmé la solidité des liens qui unissent les deux pays qui, ensemble, luttent contre le groupe armé ultra-radical État islamique (Twitter @premierministre)
Accueillant à Ottawa mercredi 29 avril le roi Abdallah II de Jordanie, le premier ministre canadien Stephen Harper a déclaré avoir réaffirmé la solidité des liens qui unissent les deux pays qui, ensemble, luttent contre le groupe armé ultra-radical État islamique (Twitter @premierministre)

C’est le cas de le dire, Abdallah II de Jordanie a été accueilli comme un roi: c’est en ami et important allié dans la lutte contre le groupe armé État islamique qu’a été accueilli le souverain hachémite, arrivé à Ottawa ce mercredi pour sa troisième visite officielle depuis son accession au trône en février 1999.

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé à l’occasion de cette visite que le Canada va verser à son allié une aide de 122,8 millions de $ pour l’aider à faire face à l’afflux massif de réfugiés syriens et renforcer sa sécurité.

Auparavant, le roi Abdallah avait été reçu ce matin à Rideau Hall par le gouverneur général, David Johnston, et une délégation de trois importants ministres — Rob Nicholson, des Affaires étrangères, Jason Kenney, de la Défense, et Ed Fast, du Commerce international.

La Jordanie et le Canada luttent ensemble au sein de la coalition internationale qui mène des frappes aériennes contre des positions du groupe armé État islamique en Syrie.

Le petit royaume du Proche-Orient qui occupait en 2013 le 94e rang sur la liste des pays du monde classés selon la valeur de leur produit intérieur brut (PIB) annuel, en valeur nominale, par tête, contre la 10e place pour le Canada, supporte néanmoins le fardeau d’accueillir 1,5 million de Syriens ayant fui la guerre civile qui fait rage dans leur pays depuis plus de quatre ans.

La guerre en Syrie a poussé 3,9 millions de personnes à fuir le pays, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le souverain hachémite a d’ailleurs rappelé que cet afflux de réfugiés équivaut à 20 ou 25 pour cent de la population de la Jordanie.

«Je fais peur aux Américains en leur disant que c’est comme s’ils accueillaient 65 millions de Canadiens en deux ans», a d’ailleurs blagué le souverain lors de son allocution à la résidence du Gouverneur général ce matin.

Le Premier ministre Stephen Harper, qui a rencontré pour sa part en tête-à-tête le roi un peu plus tard aujourd’hui dans ses bureaux du parlement, a souligné par voie de communiqué « la conclusion de la visite hautement productive au Canada de Sa Majesté le Roi Abdallah II bin Al Hussein du Royaume Hachémite de Jordanie.

La dernière rencontre du Premier ministre Stephen Harper avec le roi Abdallah II a eu lieu en marge du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, au mois de septembre 2014, à Cardiff (Pays de Galles), au Royaume-Uni. Les deux dirigeants s’étaient rencontrés auparavant en Jordanie au mois de janvier 2014, pendant la visite du Premier ministre Harper au Moyen-Orient. La dernière visite au Canada du roi Abdallah II remonte au mois de juillet 2007.

Au cours la visite d’aujourd’hui à Ottawa, le premier ministre Harper et le roi Abdallah II ont discuté, indique le communiqué du bureau du premier ministre, de la relation bilatérale Canada-Jordanie et d’une large gamme de questions d’envergure régionale ou internationale, notamment de la lutte contre le groupe armé État islamique ainsi que de l’afflux de centaines de milliers de réfugiés syriens en Jordanie.

Le chef du gouvernement canadien a aussi annoncé une série d’initiatives qui, dit le bureau du premier ministre, aideront la Jordanie à surmonter ses difficultés en matière de sécurité et de développement, qui résultent des actions de l’EI et de la crise syrienne.

«Le Canada est fier d’être aux côtés de la Jordanie et de nos autres alliés de la Coalition pour lutter contre l’EI et pour travailler avec eux à soulager les souffrances qu’inflige ce groupe terroriste barbare aux civils innocents dans la région. Les initiatives annoncées aujourd’hui aideront la Jordanie à répondre à ses besoins en matière de sécurité et de développement et elles permettront d’approfondir encore davantage les liens qui unissent nos pays.», a déclaré le premier ministre Harper

Les deux pays ont aussi annoncé un protocole d’entente sur l’efficacité de la coopération en matière de développement, qui officialisera le cadre général de la relation de coopération entre le Canada et la Jordanie en matière de développement et le lancement de négociations en vue d’une entente de coproduction audiovisuelle.

25 millions $ de plus en assistance pour la sécurité

Le Canada accorde à la Jordanie une somme supplémentaire de 25 millions de dollars en assistance pour la sécurité et près de 97,8 millions de dollars en aide au développement, pour aider la Jordanie à répondre à ses besoins en matière de sécurité et de développement et pour rehausser les relations culturelles entre les deux pays.

Les initiatives en matière de sécurité

  • Le renforcement de la sécurité radiologique aux postes frontières jordaniens, 5 millions $ (2015-2016)

Ce projet consistera à fournir de l’équipement de détection et de surveillance du rayonnement à des postes frontières actuellement non sécurisés, afin d’atténuer le risque de trafic illicite de matières radiologiques dans la région.

  • Le blocage du débordement du terrorisme de l’EIIS en Jordanie, 4,5 millions $ (2015-2017)

Ce projet consistera à soutenir la capacité de la Jordanie d’empêcher des activités terroristes ou d’y réagir grâce à une surveillance et à un dépistage rehaussés des activités terroristes ou criminelles à travers la frontière de la Jordanie, ainsi qu’à renforcer la capacité de la Jordanie de réagir en cas d’incidents critiques en présence d’explosifs.

  • Le haussement de la sécurité chimique et biologique en Jordanie, 3 millions $ (2015-2017)

Ce projet permettra de renforcer davantage la capacité du gouvernement de la Jordanie d’empêcher et de repérer des menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) éventuelles et d’y réagir. Ce projet consistera à faire jouer l’effet de levier de programmes précédents en Jordanie et à leur servir de complément, ainsi qu’à répondre à des besoins supplémentaires CBRN définis par le gouvernement de la Jordanie.

  • Le haussement de la capacité des autorités jordaniennes de repérer les menaces terroristes et d’y réagir, 2,5 millions $ (2015-2017)

Ce projet servira à rehausser la capacité des autorités jordaniennes de repérer des menaces terroristes et d’y réagir en procurant de l’équipement et de l’entraînement connexe en appui à des stratégies antiterroristes.

  • Des installations pour la gendarmerie jordanienne près du camp Za’atari, 2 millions $ (2015-2016)

Ce projet permettra de fournir de l’hébergement, des salles à manger et des bureaux à proximité du camp de réfugiés Za’atari en Jordanie, pour accroître l’efficacité de la gendarmerie jordanienne en ce qui concerne la sécurisation du camp Za’atari et de la zone environnante. Il servira aussi de complément pour permettre à l’autorité civile de la police de la ville de Mafraq de réduire le temps de réponse en cas d’urgence dans le camp et d’améliorer de manière générale l’environnement opérationnel de la gendarmerie au camp Za’atari.

  • Le haussement de la capacité d’inspection des véhicules aux postes frontières, 2 millions $ (2015-2017)

Ce projet permettra de rehausser la capacité des forces de sécurité jordaniennes aux postes frontières de procéder à des inspections non intrusives et plus rapides pour repérer les véhicules servant au transport illicite de gens, d’armes ou d’explosifs.

  • Le renforcement des systèmes financiers au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour bloquer le financement de l’EI, 2,5 millions $ (2015-2018)

Ce projet permettra de créer de meilleures protections au sein des systèmes financiers du Moyen-Orient de façon à limiter le recours par l’EIIS aux structures financières internationales. Il permettra de mieux déceler le financement du terrorisme, de faciliter les poursuites et les condamnations.

  • Le soutien à la capacité antiterroriste maritime des forces armées jordaniennes, 1,5 million $ (2015-2016)

Ce projet permettra de fournir de l’équipement, de la formation et des mises à niveau de l’infrastructure afin de soutenir la capacité jordanienne de lutter contre le terrorisme maritime.

  • Le combat contre l’extrémisme violent en Jordanie et en Syrie, 1,5 million $ (2015-2018)

On s’attend à ce que le soutien canadien, en coopération avec les autorités jordaniennes, permette de développer la résilience contre la radicalisation.

  • Le soutien des forces armées jordaniennes – Pièces et entretien des véhicules, 500 000 $ (2015-2016)

Ce projet servira à l’entretien des véhicules et de l’équipement existants des forces armées jordaniennes (FAJ), de façon à prolonger la durée de vie opérationnelle d’environ 200 véhicules pendant sept mois, et à assurer ainsi la durabilité d’interventions antérieures. Ce projet complète une contribution antérieure du Canada en véhicules et en équipement fournis aux forces armées jordaniennes pour les aider à réagir au grand nombre de réfugiés syriens qui affluent et à les transporter.

97,8 millions $ en aide au développement

Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Archives/Brian Sokol/UNHCR)

Parmi les projets d’aide au développement,il y a notamment,11,78 millions $ prévus pour le rehaussement de la protection, de l’éducation et de la résilience économique des communautés jordaniennes qui accueillent des réfugiés syriens, 5 millions $ pour Atténuer l’impact de la crise syrienne dans ces communautés qui accueillent ces réfugiés et 5 millions $ également pour répondre aux besoins accrues en eau de ces communautés.

Le projet de rehaussement de la protection, de l’éducation et de la résilience économique des communautés, qui s’étendra de 2016 à 2019, vise à résoudre les principales difficultés entourant la sécurité et l’éducation des enfants en Jordanie.

Le but du projet consiste à veiller à ce que les filles et les garçons jordaniens ou syriens et leurs familles soient bien protégés par des services pour la petite enfance et d’éducation primaire dans quatre gouvernorats de la Jordanie qui hébergent des réfugiés en grands nombres.

Le projet d’atténuation de l’impact de la crise syrienne dans les communautés qui accueillent des réfugiés syriens (2015-2017) doit permettre de s’attaquer aux difficultés socio-économiques des Jordaniens vulnérables en offrant un soutien accru aux jeunes et aux femmes qui vivent dans des communautés hébergeant des réfugiés.

Il vise 10 000 bénéficiaires directs, dont 6 500 femmes. Les activités du projet consisteront à développer une capacité locale de réalisation de projets de développement grâce à la création de groupes de jeunes et de femmes et à la mise en œuvre d’une évaluation du marché qui permettra de trouver des occasions de formation professionnelle pour les femmes, les hommes et les jeunes en âge de travailler.

Quant au projet visant à répondre aux besoins en eau des communautés qui accueillent des réfugiés syriens (2015-2017), il veut améliorer la capacité de 40 000 Jordaniens de faire face à l’impact socio-économique négatif de l’accueil de nombreux réfugiés syriens et à l’effet qui en résulte sur les ressources locales limitées en eau et en énergie.

Les activités du projet seront les suivantes : restauration et amélioration de l’infrastructure d’alimentation en eau endommagée comme les trous de forage publics et les stations de pompage dans les communautés touchées, soutien technique pour la réparation de l’infrastructure d’alimentation en eau et travaux de maintenance auprès des autorités locales en matière d’eau, création de groupes communautaires composés d’hommes, de femmes et de jeunes, pour assurer à plus long terme la gestion durable de l’eau.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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