Colombie: heurts entre les FARC et l’armée dans le Cauca, dix militaires tués et 17 blessés

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Conférence de presse du géneral colombien Mario Augusto Valencia, comandant de la Tercera División de Ejército, sur la mort de 10 militaires dans une attaque des FARC dans la nuit de mardi à mercredi 15 avril dans la province de Cauca (capture d'écran/Cablenoticias/45eNord.ca)
Conférence de presse du géneral colombien Mario Augusto Valencia, comandant de la Tercera División de Ejército, sur la mort de 10 militaires dans une attaque des FARC dans la nuit de mardi à mercredi 15 avril dans la province de Cauca (capture d’écran/Cablenoticias/45eNord.ca)

En plein processus de paix, dix militaires ont été tués et 17 blessés, dont 4 sont dans un état grave, mercredi dans l’ouest de la Colombie lors d’une attaque des FARC que les autorités militaires ont jugé préméditée alors que la guérilla marxiste affirme au contraire qu’elle n’était que défensive.

Selon les autorités militaires de la Tercera Brigada del Ejército, les militaires ont été tués aux premières heures mercredi dans la zone rurale de La Esperanza, zone dont est responsable le régiment de Timba, basée dans la municipalité de Buenos Aires, située au nord du Cauca,

Les militaires colombiens du Batallón de Combate Terrestre No. 110 de la Fuerza de Tarea Apolo y menaient alors des opérations de contrôle territorial et, en conférence de presse, le général Mario Augusto Valencia, comandant de la Tercera División de Ejército, a reconnu que les militaires savaient bien que les combattants des FARC se trouvaient sur cette zone.

Cet incident est le plus grave depuis le cessez-le feu unilatéral décrété par les FARC.

Engagée dans des pourparlers de paix avec le gouvernement, délocalisés depuis novembre 2012 à Cuba, la guérilla marxiste a en effet décrété une trêve unilatérale illimitée en décembre dernier dans le cadre des négociations de paix avec le gouvernement qui se déroulent à La Havane depuis novembre 2012, tout en se réservant le droit de répliquer aux offensives de l’armée.

« Nous déplorons la mort des soldats dans le Cauca. C’est précisément la guerre que nous voulons terminer », a réagi le président Santos sur Twitter. Le chef de l’État, qui s’est réuni avec l’état major de l’armée pour examiner « les circonstances des faits », doit se rendre sur place au cours de la journée.

Une action défensive selon les FARC

Le porte-parole des FARC a affirmé pour sa part que l’attaque dans le Cauca n’était pas une embuscade préméditée de laguérilla, mais s’est produite au milieu d’une action défensive.

Le commandant Pastor Alape, porte-parole des FARC, exprimant depuis La Havane « sa préoccupation » à propos des combats qui ont eu lieu dans le Cauca hier à minuit, a déclaré que « de tels faits, de toute évidence, sont le résultat de l’incohérence [qu’il y a de la part] du gouvernement de mener de opérations militaires contre la guérilla en trêve ».

Les FARC ont réitéré leur appel à un cessez-le-feu bilatéral, auquel s’opposent les militaires colombiens, craignant que la guérilla marxiste n’en profite pour se regrouper et se renforcer.

Pastor Alape, aujourd’hui a encore appelé le « président à comprendre que le cessez le feu bilatéral est urgent pour la nation, qui attend et espère cette nouvelle ».

Fondées en 1964 dans la foulée d’une insurrection paysanne, les Farcs comptent encore près de 8.000 combattants, repliés dans les régions rurales du pays. Le conflit colombien, le plus ancien d’Amérique latine, a fait quelque 220.000 morts et plus de 5 millions de déplacés selon des chiffes officiels.

L’attaque dans le Cauca intervient moins d’une semaine après que le président Santos eut renouvelé une suspension d’un mois des bombardements contre les FARC, mais en soulignant que le maintien de cette mesure dépendrait du respect de son cessez-le-feu.

L’attaque a aussi relancé le camp de l’opposition au processus de paix, emmené par l’ancien président Alvaro Uribe. « La paix de Santos, c’est l’extermination des forces armées », a tempêté l’ex chef de l’État colombien, qui accuse régulièrement son successeur de trahison pour avoir ouvert un dialogue avec les FARC.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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