Combats meurtriers au Yémen, nouvelle passe d’armes Iran-Arabie

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Des combattants favorables au président Abd Rabbo Mansour Hadi patrouillent dans la ville de Taez, le 19 avril 2015 où ont lieu des combats avec les rebelles Houthis (Abdel Rahman Abdallah/AFP)
Des combattants favorables au président Abd Rabbo Mansour Hadi patrouillent dans la ville de Taez, le 19 avril 2015 où ont lieu des combats avec les rebelles Houthis (Abdel Rahman Abdallah/AFP)

De nouveaux combats ont fait 64 morts mardi au Yémen, où le conflit a suscité une nouvelle passe d’armes entre les deux puissances régionales, l’Arabie saoudite, chef de file de la coalition anti-Houthis, et l’Iran, principal soutien de ces rebelles.

Au lendemain d’une attaque au vitriol du chef des Gardiens de la révolution iranienne, un autre haut responsable iranien a accusé mardi Ryad d’avoir recours au Yémen à des tactiques dignes de « l’époque de la guerre froide ».

Il faisait référence au largage par des avions saoudiens sur le territoire yéménite de tracts en arabe affirmant que la coalition soutenait « le peuple du Yémen contre l’expansion perse ».

« Larguer ces tracts, qui racontent des mensonges, a pour but d’effrayer les Yéménites », a déclaré Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Lundi, le chef des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime iranien, avait accusé « l’Arabie saoudite traîtresse » de « marcher dans les pas d’Israël ». Et le général Mohammad Ali Jafari avait ajouté que « la dynastie saoudienne était au bord de la chute »

La propriété du commandant du groupe chiite houthi, détruite lors d’un raid aérien, à Sanaa au Yémen le 28 avril 2015

Sur le terrain, les raids aériens et les combats n’ont pas baissé d’intensité entre partisans du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi et leurs adversaires –les Houthis, soutenus par Téhéran, et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l’ex-chef de l’Etat Ali Abdallah Saleh–.

Les avions de la coalition ont notamment visé une base militaire à Sanaa et celle d’Al-Anad, dans le sud, toutes deux aux mains des rebelles. Ils ont aussi pris pour cibles des positions dans les provinces de Mareb (est de Sanaa), de Hodeida (ouest) et de Taëz (sud-ouest), selon des témoins.

64 morts dans des combats au sol

A Aden, deuxième ville du pays, des affrontements de rue se sont soldés par la mort de neuf rebelles, selon des sources proches de ces miliciens. Onze civils et combattants pro-Hadi ont aussi péri, a indiqué le responsable du secteur de la santé, Al-Khader Lassouar.

Dans la région de Lahj, 14 rebelles et 11 combattants pro-Hadi ont été tués dans une série d’accrochages pour le contrôle de la route côtière entre Aden et le détroit stratégique de Bab Al-Mandeb, selon des sources militaires.

Enfin, dans la région de Sarwah de la province de Mareb, il y a eu 19 tués, 17 Houthis et deux combattants pro-Hadi, selon des sources provinciales, tribales et médicales.

Les Houthis ont pris la capitale Sanaa en septembre avant d’avancer vers le sud, poussant le président Hadi à fuir Aden, où il s’était réfugié, pour s’exiler en Arabie saoudite.

L’aviation de la coalition poursuit ses bombardements entamés le 26 mars malgré l’annonce le 21 avril par Ryad de la fin de sa campagne aérienne intensive et le début d’une nouvelle phase, baptisée « Redonner l’espoir ».

Le porte-parole des rebelles, le général de brigade yéménite Sharaf Luqman, a accusé Ryad de « commettre des crimes de guerre et des massacres ». Il a affirmé que l’opération avait provoqué la mort de 200 personnes du côté des rebelles et de leurs alliés, dont 112 soldats, 43 policiers et 45 miliciens chiites.

Les violences ont causé la mort de 1.080 personnes et 4.352 autres ont été blessées, selon un bilan publié le 23 avril par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

M. Shamkhani a affirmé que les Iraniens étaient les seuls à venir en aide aux Yéménites en s’opposant aux raids aériens.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui a rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif lundi à New York, a estimé que Téhéran devait contribuer à une solution « puisque l’Iran est évidemment un soutien des Houthis ».

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