Deux nouvelles arrestations de jeunes radicalisés à Montréal

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Le Palais de Justice de Montréal. (capture Google Maps)
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Le Palais de Justice de Montréal. (capture Google Maps)
Le Palais de Justice de Montréal. (capture Google Maps)

Deux jeunes Montréalais arrêtés mardi et soupçonnés d’avoir planifié une attaque terroriste, El Mahdi Jamali et son amie de cœur Sabrine Djaermane, tous deux âgés de 18 ans, qui ont comparu à Montréal le lendemain, mercredi, resteront maintenant détenus au moins jusqu’à lundi.
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Mise à jour au 18/04/2015 à 8h10

Ce n’est pas seulement par crainte qu’ils rejoignent des djihadistes en Syrie que deux élèves du collège de Maisonneuve ont été jetés préventivement en prison cette semaine, écrit le quotidien La Presse ce matin. La GRC s’inquiète aussi de la découverte chez l’un d’eux de matériel qui aurait pu servir à fabriquer des explosifs ou engins incendiaires.

Même si, à première vue, les substances saisies lors d’une perquisition cette semaine seraient légales, elle n’en sont pas inoffensives pour autant. D’autant plus que de nombreux sites de propagande djihadiste sur l’internet expliquent comment fabriquer des explosifs à partir de substances qu’on se procurer légalement.

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Bien qu’aucune accusation ne pèse contre eux pour l’instant, une enquête est en cours.

La procureure du gouvernement fédéral, Lyne Décarie, devrait réclamer lundi de l’homme et de la femme la signature d’un engagement à ne pas troubler l’ordre public qui imposerait des conditions sévères aux deux jeunes adultes.

«C’est un outil préventif du Code criminel utilisé par les policiers, qui ont des motifs raisonnables de craindre qu’une personne va commettre des infractions terroristes», a expliqué la procureure fédérale.

Selon la télévision publique canadienne, il s’agirait d’étudiants du Collège de Maisonneuve de Montréal.

Déjà, en février, la police de Montréal enquêtait sur la disparition d’un groupe de six jeunes Québécois âgés de 18 et 19 ans étudiant à Maisonneuve soupçonnés d’être partis pour se joindre à des groupes djihadistes en Syrie.

Puis, à ce nombre s’ajoutait en mars un septième jeune Québécois parti vers la Turquie dont les autorités ont perdu la trace qui étudiait lui-aussi à ce collège de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve où le professeur, activiste et leader musulman Adil Charkaoui louait des salles pour y enseigner l’arabe et le Coran.

Il semble que le jeune Jamali suivait lui aussi les enseignements d’Adil Charkaoui.

Quoi qu’il en soit, depuis les récents événements qui ont secoué la communauté, les autorités sont désormais hyper-vigilantes.

Merouane Ghalmi en mars, Daniel Minta Darko en avril, et maintenant El Mahdi Jamali et Sabrine Djaermane: les cas de Montréalais arrêtés sur des soupçons de vouloir participer à des activités terroristes et contre qui la couronne demande un mandat de paix se sont multipliés récemment.

Dans les dernières semaines, les deux autres Montréalais soupçonnés et arrêtés à la demande de la police fédérale ont accepté quant à eux de se soumettre à de sévères conditions pour éviter de moisir derrière les barreaux.

Daniel Minta Darko, 27 ans, a accepté le 10 avril de se soumettre à une série de conditions restreignant sa liberté, dont celle de porter un bracelet GPS pour que la GRC puisse suivre ses déplacements à la trace.

Et, avant lui, Merouane Ghalmi, 22 ans, contre qui la police fédérale avait aussi demandé une ordonnance préventive en février, a accepté volontairement le 23 mars de se soumettre à une série de conditions, dont le port d’un bracelet GPS.

L’avocat de Jamali, Me Marc Giroux , cité par La Presse Canadienne, a affirmé à sa sortie du Palais du Justice qu’il n’avait jamais été confronté à un tel cas. Il a souligné lui aussi que, dans les derniers mois, les forces policières sont plus sensibles à cette réalité [ la menace terroriste, ndlr].

«Avec ce qui s’est passé au Parlement canadien, ce qui s’est passé à Saint-Jean sur Richelieu [l’assassinat par des aspirants-djihadistes de deux militaires canadiens, ndlr],les policiers sont sensibles à cette réalité et c’est normal. Je ne dis pas que c’est une procédure justifiée, mais cela dit, le comportement de la police est représentatif de la société dans laquelle on vit», a-t-il confié aux journalistes.

Jamali et Djaermane retourneront maintenant en cour lundi pour leur audience de remise en liberté sous caution qui ne leur sera accordée probablement qu’à des conditions particulièrement sévères.