Fosse commune en RDC: la Belgique réclame une enquête crédible

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Des enfants soldats près de Bunia, en Ituri, dans l'est de la Répubolique démocratique du Congo (RDC) (Archives/LeMoyne/Unicef)
Des enfants soldats près de Bunia, en Ituri, dans l’est de la Répubolique démocratique du Congo (RDC) (Archives/LeMoyne/Unicef)

La Belgique a réclamé mercredi une enquête indépendante et crédible pour faire la lumière sur la fosse commune découverte en République démocratique du Congo et dans laquelle se trouveraient plusieurs centaines de cadavres.

Le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a appris avec préoccupation la découverte macabre, à Maluku, à 80 km au nord de la ville de Kinshasa, d’une fosse commune dans laquelle se trouveraient plus de 420 cadavres, a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

Cette découverte pose de très nombreuses questions auxquelles la population congolaise et la communauté internationale sont en droit d’attendre des réponses. Didier Reynders demande qu’une enquête indépendante et crédible puisse immédiatement être diligentée pour faire toute la lumière sur cette affaire, ajoute le communiqué.

Il importe par ailleurs de sanctuariser le site pour éviter la disparition de preuves et d’indices permettant de dire qui sont les personnes qui ont été enterrées et dans quelles circonstances elles l’ont été, selon M. Reynders.

Les autorités de la province de Kinshasa s’étaient justifiées mardi de l’existence de cette fosse commune, afin de faire taire une rumeur sur la présence éventuelle d’opposants politiques parmi les cadavres.

Le 19 mars 2015 (…) 421 personnes ont été inhumées, a déclaré le gouverneur par intérim de Kinshasa, Robert Luzolanu Mavema. Il s’agissait de 300 mort-nés et (de) foetus (…) abandonnés dans les ruisseaux, dans les rivières et même les hôpitaux, de 23 corps qui ont été abandonnés, d’indigents, au nombre de 34, et de 64 personnes non identifiées, avait ainsi déclaré Robert Luzolanu Mavema, gouverneur par intérim de Kinshasa, ajoutant qu’un nombre indéterminé de ces cadavres avait été remis par la Croix-Rouge.

L’enterrement s’était déroulé de nuit juste derrière le cimetière Fula-Fula, à Maluku, en amont du fleuve Congo par rapport à la capitale. Les voisins avaient été alertés par une odeur pestilentielle.

Un habitant de Maluku a raconté à l’AFP ce qu’il a distingué la nuit de l’enterrement.

C’était vers 04h00 du matin. On se rendait dans nos petits travaux des champs et on a constaté qu’il y avait de gros véhicules, dont un de l’hôtel de ville de Kinshasa. (…) Une bâche s’est détachée d’un véhicule et j’ai pu voir des corps. C’était les corps d’adultes, a-t-il dit sous couvert d’anonymat.

Il a ajouté que les fossoyeurs étaient des militaires qui les ont chassés: Ils ne voulaient pas qu’on s’approche de ce côté. On ne pouvait pas les identifier, ils avaient couvert leur visage.

Le gouvernorat a souligné mardi que sa mise au point visait à démentir les rumeurs selon lesquelles la fosse de Maluku pourrait abriter des victimes des troubles de janvier ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes à Kinshasa et à Goma, dans l’est du pays.

Selon un document officiel que l’AFP a pu consulter, une enquête judiciaire a été ouverte sur la fosse commune à la demande du Bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC.

Une source onusienne a précisé que le BCNUDH avait reçu une demande d’appui de la part du parquet et qu’il assiste les autorités judiciaires dans cette enquête, qui pourrait déboucher sur une exhumation des corps.

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