Il y a 100 ans, les Canadiens s’engageaient dans la 2e bataille d’Ypres

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La deuxième bataille d'Ypres, du 22 avril au 25 mai 1915. (Peinture par Richard Jack/Collection d'art militaire Beaverbrook)
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La deuxième bataille d'Ypres, du 22 avril au 25 mai 1915. (Peinture par Richard Jack/Collection d'art militaire Beaverbrook)
La deuxième bataille d’Ypres, du 22 avril au 25 mai 1915. (Peinture par Richard Jack/Collection d’art militaire Beaverbrook)

Le 22 avril 1915, en pleine Première Guerre mondiale, débuta la deuxième bataille d’Ypres. Véritable baptême de feu des Canadiens, c’est le premier grand engagement de ces derniers qui se lancèrent à l’attaque, non sans être confrontés au premier usage des gaz de combat.

Il y a 100 ans, le 22 avril 1915, deux brigades canadiennes étaient sur les lignes de front, une troisième étant en réserve près d’Ypres. À 17 heures, les Allemands lancèrent 171 tonnes de gaz chlorine contre la 45e division (algérienne) française, à la gauche des Canadiens. Un énorme nuage de gaz vert-jaune de plusieurs kilomètres de long dériva vers les lignes françaises. Quand il atteignit leur position, les troupes françaises étouffèrent ou fuirent, yeux et gorges brûlés par le gaz. C’est la première utilisation d’arme chimique industrielle de l’histoire!

Le gros du gaz ne toucha pas les Canadiens, mais la retraite française avait exposé le flanc gauche canadien et menacé de détruire l’ensemble de la position alliée dans le saillant. Les unités du général Alderson changèrent de position pour couvrir la brèche, mais l’attaque au gaz allemande avait créé un trou énorme de plusieurs kilomètres de large dans la ligne alliée.

Du 22 au 25 avril, les Canadiens combattirent avec ténacité pour défendre cette position exposée. Surclassés en nombre, avec moins de canons, et débordés, ils subirent cette fois, le 24 avril, une attaque directe au chlore gazeux. Pour stopper le gaz, les Canadiens urinent sur des chiffons qu’ils s’attachent sur la bouche et ça fonctionne! C’est le premier masque à gaz. Les Canadiens contre-attaquèrent pour ralentir l’avancée allemande et perdirent ensuite lentement du terrain, gagnant un temps précieux pour permettre à des troupes britanniques de monter à l’assaut.

Les combats seront féroces et le 3 mai, les pertes sont évalués à 5.975 dont 3.058 dans la seule journée du 24 avril!

Le poème

Au cours de la deuxième bataille d’Ypres, en avril 1915, McCrae soigna les blessés et pratiqua des chirurgies sur des soldats canadiens et alliés pendant 17 jours. Épuisé et attristé par la mort d’un ami cher, il composa Au champ d’honneur au cours d’une brève période de repos. Le poème fut publié le 8 décembre 1915 dans le Punch, où il connut un succès mondial presque immédiat. Il illustrait l’humeur belliqueuse des Alliés et affirmait la nécessité de rester fidèle à ceux qui étaient déjà morts.

Au Champ d’honneur*

(Adaptation du poème: In Flanders Fields,
de John McCrae)

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

*Adaptation française du major Jean Pariseau