Kenya: au moins 147 morts dans l’attaque des shebab contre une université

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Des soldats kenyans lors d'une patrouille à Garissa (est du Kenya), le 27 février 2013(Will Boase/AFP)
Des soldats kenyans lors d’une patrouille à Garissa (est du Kenya), le 27 février 2013(Will Boase/AFP)

Au moins 15 personnes ont été tuées, selon une source policière, et un nombre indéterminé d’étudiants restaient pris en otages jeudi dans l’université de Garissa, dans le nord-est du Kenya, attaquée à l’aube par un commando des islamistes shebab.
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Mise à jour au 02/04/2015 à 15h07

Au moins 147 personnes, essentiellement des étudiants, ont été tuées jeudi dans l’attaque menée par un commando islamiste shebab selon un nouveau bilan communiqué par le Centre national de gestion des catastrophes (NDOC).

L’opération menée par les forces kényanes de sécurité pour reprendre le contrôle de l’Université, prise d’assaut à l’aube, est « terminée (et) les quatre terroristes ont été tués », a ajouté le NDOC, près de 16 heures après le début de l’attaque dans cette localité située à 150 km de la frontière somalienne.

— à 13h39

Au moins 70 étudiants ont été tués et 79 personnes blessées lors de l’attaque contre l’Université kényane de Garissa (est) menée jeudi par des islamistes somaliens shebab, a annoncé le ministre kényan de l’Intérieur, précisant qu’une opération de «nettoyage» était en cours.

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Selon un porte-parole des shebab, les assaillants ont libéré les musulmans et gardé les autres en otage.

Un premier bilan officiel faisait état d’au moins deux morts et 65 blessés, pour l’essentiel par balles, mais une source policière ayant requis l’anonymat a par la suite fait état de 15 morts. Un assaillant a été arrêté alors qu’il tentait de s’enfuir, selon le ministère kényan de l’Intérieur.

Les assaillants, en nombre inconnu, ont pris le campus d’assaut vers 5h30 (21h30 mercredi, heure de l’Est). Ils ont tiré sur deux gardes à l’entrée, puis ouvert le feu au hasard, avant de pénétrer dans la résidence universitaire qui héberge plusieurs centaines d’étudiants. Une explosion a également été signalée.

«Le Kenya est en guerre avec la Somalie (…) nos hommes sont encore à l’intérieur et se battent, leur mission est de tuer ceux qui sont contre les shebab», a déclaré par téléphone à l’AFP un porte-parole du groupe islamiste, Cheikh Ali Mohamud Rage, revendiquant l’opération.

«Quand nos hommes sont arrivés, ils ont relâché (…) les musulmans (…) nous détenons les autres en otages», a-t-il ajouté.

Garissa se trouve à 150 kilomètres de la frontière somalienne.

La Croix-Rouge a fait état d’un «nombre indéterminé d’étudiants otages» sur le campus. «Cinquante étudiants ont été libérés», a ajouté la Croix-Rouge, sans préciser dans quelles circonstances, alors que les forces de sécurité tentaient toujours à la mi-journée de déloger les assaillants, près de huit heures après le début de l’attaque.

Le nombre d’étudiants ou de professeurs bloqués à l’intérieur du campus était inconnu dans l’immédiat.

Quatre blessés «dans un état critique» doivent être évacuées par avion sur Nairobi, à environ 350 km de là, selon la Croix-Rouge, qui appelé à des dons de sang.

«Les assaillants sont entrés de force dans l’université de Garissa en tirant sur les vigiles surveillant le portail d’entrée vers 5h30» et ont ensuite «ouvert le feu aveuglément à l’intérieur du campus» avant de pénétrer dans les résidences» universitaires, a expliqué le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, dans un communiqué.

Selon la Croix-Rouge, le bâtiment dont les assaillants ont pris le contrôle abrite des chambres d’étudiantes.

Assaillants retranchés

Le ministère kényan de l’Intérieur a affirmé sur Twitter que «trois des quatre bâtiments» de la résidence universitaire avaient été «évacués», sans autre détail. «Les assaillants sont retranchés dans l’un des bâtiments et les opérations continuent» pour reprendre le contrôle du campus, a-t-il poursuivi.

La zone autour du campus, constituée d’une vingtaine de bâtiments et située à environ un kilomètre du centre-ville de Garissa, était totalement bouclée et les médias tenus à l’écart.

Les islamistes somaliens shebab ont multiplié les attentats sur le territoire kényan depuis 2011, jusqu’à Nairobi et sur la touristique côte du pays, notamment à Mombasa, principal port d’Afrique de l’Est.

Ils ont notamment revendiqué le spectaculaire assaut en septembre 2013 contre le centre commercial Westgate de Nairobi (67 morts) et une série de raids sanglants contre des villages de la côte kényane en juin-juillet 2014 (au moins 96 personnes froidement exécutées).

Les zones kényanes situées le long des quelque 700 km de frontière avec la Somalie – particulièrement les régions de Mandera et Wajir (nord-est) ainsi que celle de Garissa – sont le plus régulièrement la cible d’attaques.

Fin novembre, après que les shebab eurent exécuté 28 passagers d’un bus – essentiellement des professeurs – près de Mandera, des syndicats de médecins, dentistes et professeurs avaient conseillé aux membres de leurs professions de quitter les zones frontalières de la Somalie tant que les autorités kényanes ne pourraient pas assurer la sécurité.

En février dernier, quelque 200 professeurs travaillant dans la partie nord-est du Kenya avaient manifesté à Nairobi pour réclamer leur réaffectation, se disant «traumatisés» par les attaques récurrentes.

«On ne sait jamais quand ils (les shebab) vont frapper», avait expliqué l’un d’eux.

«Le Kenya est aussi sûr que n’importe quel autre pays dans le monde», avait assuré mercredi le président kényan Uhuru Kenyatta, après que Londres eut émis de nouvelles mises en garde à ses citoyens sur la sécurité au Kenya.

Au moins 200 personnes ont été tuées et au moins autant blessées en 2014 au Kenya dans des attaques revendiquées par les shebab ou qui leur ont été attribuées, selon un décompte établi par l’AFP.

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