La GRC redouble d’efforts pour contrer la radicalisation terroriste sur internet

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Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.
Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.

Selon le journal La Presse, l’équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) occupera bientôt plusieurs plateformes technologiques pour contrer le message des organisations terroristes comme le groupe État islamique (EI).

Avec cette présence accrue dans le cyber espace, c’est à un terrain de prédilection du groupe Etat islamique en matière de recrutement et de propagande que s’attaquent désormais les équipes de la GRC.

«La propagande constante des groupes extrémistes violents et le facteur internet accentuent et accélèrent le processus de radicalisation, en particulier chez les jeunes, car ils sont très actifs sur les réseaux sociaux. C’est impossible de surveiller tout ce qui se passe sur le web. La priorité pour nous, c’est donc de mettre des [contre-récits] qui vont contredire les discours de ces groupes. Il faut mettre un contrepoids, particulièrement sur les réseaux sociaux.» a confié au journaliste de La presse, le sergent Hakim Bellal, de la section prévention de l’Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC.

Dans les faits, ce plan de lutte mis en point par la GRC consiste en la création d’une application pour tablette numérique qui répertorie les différents groupes terroristes, leurs dirigeants respectifs avec des textes et photographies à l’appui. Un registre qui concerne aussi bien les groupes opérants au Canada que partout ailleurs dans le monde.

De plus, cette application qui sera lancée le mois prochain donnera des indications sur les façons de reconnaître une personne en voie de radicalisation violente et les moyens mis à disposition pour prévenir les autorités.

D’après les informations obtenues par La presse, la police fédérale va également produire des vidéos mettant en scène des imams et des personnes qui ont vécu de près ou de loin l’expérience des groupes terroristes, tels un ancien membre repenti d’un groupe extrémiste et la mère d’un jeune Canadien parti se battre en Syrie, où il a trouvé la mort.

Surveiller les jeunes en proie à la radicalisation…

Cette nouvelle campagne de lutte contre la radicalisation via internet vise avant tout les jeunes.

A l’image du jeune Martin Couture Rouleau responsable des évènements survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu en Octobre dernier qui s’était converti à l’islam puis autoradicalisé, les jeunes constituent une cible de prédilection  pour l’endoctrinement et la propagande élaborée pat les cyber-recruteurs du groupe terroriste.

«Nos jeunes, ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas intelligents qu’ils adhèrent à ces groupes, mais parce qu’ils sont victimes de la propagande. L’EI leur vend un rêve, celui d’un califat, un pays avec sa propre monnaie et où la richesse sera partagée équitablement. Auparavant, le message d’Al-Qaïda était beaucoup plus direct. Ils disaient: « Venez avec nous, notre ennemi, c’est l’Occident. » Mais l’EI ne dit pas ça, car la plupart des jeunes qui joignent ses rangs viennent de pays occidentaux» fait justement remarquer le sergent Bellal.

… et entrer en contact avec leur entourage.

L’équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) mène également un travail de fond auprès de l’entourage des aspirants djihadistes ou des canadiens qui ont déjà quitté le territoire pour rejoindre les rangs d’organisations terroristes islamiques.

Collecter des informations sur l’individu parti, éviter que la radicalisation ne se repende au sein des familles, amis et collègues font partie intégrante de la tâche de l’EISN. Il s’agit aussi de fournir un soutien à cet entourage qui s’avère bien souvent être le premier surpris.

«On n’est pas là pour collecter de l’information, mais pour les assister et les aider. Souvent, c’est une surprise pour eux. Ils se sentent coupables et disent qu’ils ont failli à leurs responsabilités. Ce ne sont pas des parents qui encouragent leurs jeunes à adopter des idéologies violentes » poursuit M. Bellal.

Une EISN formée en conséquence

Cet accent mis sur la lutte contre la radicalisation, implique que le personnel de l’équipe intégrée de la sécurité nationale reçoivent une véritable formation en matière d’anti-terrorisme et démontre une réelle compréhension des problématiques islamiques.

A cet effet, La presse rapporte que les membres de l’EISN reçoivent une  formation de deux semaines et doivent se tenir informés du contexte géopolitique du Moyen-Orient. On les initie aux nouveaux phénomènes et aux modus operandi et ils reçoivent régulièrement des bulletins d’information, y compris la revue officielle de l’État islamique. Un cours obligatoire sur le terrorisme sera bientôt donné à toutes les recrues de la GRC.

Dans un contexte où les préoccupations sécuritaires monopolisent le débat public à l’image des débats autour de la loi C51, la GRC et son équipe intégrée de la sécurité nationale souhaitent se donner les moyens de parvenir à endiguer le fléau de la radicalisation chez les jeunes.

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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